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La litanie des cœurs battants. [PV Liliana]

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MessageSujet: La litanie des cœurs battants. [PV Liliana] Ven 9 Sep - 2:06


Et vous savez c'est quoi le pire dans cette histoire ? C'est qu'on est condamné à s'y faire.

Une première fois, difficile, traumatisante, forcée. Tant par la faim que par ce nouvel instinct qui vous pousse à la cervelle, qui supplante raison, principes, éthique et morale pour devenir votre seule obsession. Ça se met à vriller dans votre crâne, à se tordre dans votre estomac, à s'instiller en cette désagréable sensation de gorge sèche.

« J'ai faim. »

Ca se répète. « J'ai faim ». Ca se répète, d'abord comme un constat murmuré, puis comme une plainte, et enfin un ordre de l'esprit au corps. Alors cette petite voix timide qui exprime sa soif, lorsqu'elle est stimulé ou au contraire lesée trop longtemps, elle perd ce masque de pauvre petite et chétive victime pour rugir, grossir. « J'ai. Faim. » Le ton devient plus sec, plus dur. L'idée derrière se fait plus claire au fil de cette bave qui commence à vous couler des commissures. Elle est simple, cette idée : Du sang. Du sang chaud et délicieux, pour moi, en quantité. Vite. Vitevitevitevitevite.

Et l'idée si elle n'est pas écoutée devient un authentique ordre. Une impulsion du nouvel intrus pour prendre le contrôle de votre corps. Cette soif, cet instinct Vampirique qui vous déshabille de toute votre conscience pour montrer à nu la Bête que vous êtes devenus. Et ça vous force. Ca vous tente. Parce que oui, n'allez pas vous cacher derrière ce « c'est pas ma faute » pour tout excuser. Vous êtes faible. Vous ne faites pas que céder à cet appel, vous vous y complaisez, vous aimez ce goût. Vous essayez, oui. « se nourrir pour se rassasier. Seulement le strict nécessaire ». C'est ce à quoi vous pensez quelques minutes avant de tomber sur votre prochaine grande poche de sang taille humaine. Quand vous voyez, sentez ce liquide qui coule dans ses veines, la mélodie qui se joue à votre oreille commence à sonner différente. « Se nourrir. » Plus de détail sur la quantité. Vous avez déjà oublié. Et finalement, ça finit par affluer au fond de votre gorge, glisser entre vos lèvres pour inonder cette bouche avide. Et au fur et à mesure que ce goût exquis vous arrive aux sens, la mélodie change encore. Elle se fait saccadée, irrégulière, stridente. « J'en veux plus. C'est bon... Plus, encore, encore, ENCORE ». Elle devient inquiétante, mais vous n'êtes plus en état de vous inquiéter. Vous êtes la voix.

Je suis la voix.

***

Ca n'a pas changé en quelques jours, loin de là. Les mêmes questions, les mêmes débats internes. Ces incessants dialogue avec un miroir, à se demander pourquoi, se demander s'il doit faire... Tout ça. S'il doit, s'il peut, et... Et la question qui le torture le plus, s'il le veut. Parce qu'il le veut de plus en plus. Sa soif n'aide pas, mais... Mais n'en n'aurais-je pas envie même sans ça? C'est là la question qu'il a peur de se poser. Et pourtant, elle ne cesse de le tarauder.

Un esprit trop occupé à cogiter, un cœur trop prompt à culpabiliser, un corps qui manifeste les signes de ce mal-être latent. Trop. Beau jeune homme habitué à prendre soin de lui en temps normal, désormais destitué de ses atours guillerets. L'éternel sourire est remplacé par une mine fermée, presque abattue. L'éclat dans le regard n'est plus. Cette curiosité enfantine qu'est la sienne est morte en même temps que son monde s'est écroulé. Il peut la forcer, cette joie de vivre pour le moment révolue. L'espace d'un instant même, il peut la connaître de nouveau. Il avait réussi à lui sourire, ce soir-ci. A June. Ces petits rictus amusés, ces répliques légères... Après coup, et ce malgré sa méfiance absolue de derniers jours, il a apprécié cette courte entrevue. Il la regrette, aussi. Il aurait aimé en savoir plus. En oser plus, peut-être. C'était une chance inespérée, que de tomber sur un semblable enclin à l'aider plutôt qu'à se servir de son jeune âge à d'obscures fins, et ce dès sa première rencontre avec une entité du surnaturel. Depuis sa propre morsure, du moins.

Et il ne dort que trop peu. Trop mal, aussi. Si bien qu'en l'état, il ne tient plus à grand chose. Ca et cette nuit qui continue de s'obscurcir ... Il grommelle. Teint pâle, maladif, une paire de lunettes de soleil pour masquer ses yeux bardés d'un intense rouge. Celui de l’appétit. Peu à peu, le prédateur même s'il est affaibli se réveille. A la fatigue physique se confronte l’ébullition vitale. Celle de ce besoin désormais garant de sa vie. Pourtant, ce devra attendre. Il n'est déjà que très peu prés mentalement à franchir le pas, alors s'il ne l'est pas même physiquement pour commencer... Non, il lui faut dormir. Vraiment, cette fois-ci. Ses courtes plages de sommeil agitées ont finies par le laisser complètement à plat. Cette fois-ci, cauchemars ou non, sol rude et inconfortable s'il le faut, il dormira. Profondément.

Mais où ? Le toit qui abrite sa pauvre carcasse des rayons solaires change chaque nuit. Il vagabonde alors dans les rues, songeur, observateur au mieux de ses sens quelque peu usités par le sommeil. Des escaliers qui descendent, quelques panneau avec diverses inscriptions et lumières. Le métro.

Il s'y engouffre, emmitouflé dans son long manteau, visage caché sous une écharpe puis une capuche. Il ne sent pas mauvais, ses habits ne sont pas sales. Malgré le laisser-aller, il s'arrange pour pouvoir se laver, avec les moyens du bord. Il a pris assez de vêtements dans le sac de sport à sa hanche pour rester dans du tissu propre quelques jours encore. Quelques petits jours avant de sombrer encore un peu plus bas. S'il pensant avoir à vivre comme un clochard un jour... Et surtout, pour de telles raisons.

Une ombre parmi le peu de voyageurs encore présents. Les dernières rames de la nuit, les passagers les plus pittoresques. Il n'y fait pas attention. Il ignore tout, yeux baissés, marche machinale vers de plus sombres tréfonds.

Il connaît cette station. Il sait aussi qu'on parle d'une station fantôme accessible à pieds, squattée par quelques sans-abris. C'est encore ce qu'il peut espérer de plus décent, pour cette nuit. Il a de l'argent encore, oui, mais le gaspiller dans une chambre d’hôtel... Certainement pas. Il avance alors, percevant les premiers corps emmitouflés dans leurs couvertures au loin. Son visage blême moitié caché sous trop de tissu, les joues émaciées, le regard harassé. Il ôte sa capuche pour dévoiler sa belle chevelure ébène, ses doux traits encore bien jeunes, exempts de toute marque du grand âge. Chose à laquelle il n'aura de toute façon jamais droit, maintenant.

A la place, il aura cette envie toujours présente à son esprit. Surtout en apercevant des corps, des cœurs battant plus loin. J'ai faim.
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MessageSujet: Re: La litanie des cœurs battants. [PV Liliana] Sam 10 Sep - 17:55

La faim pousse à la folie, et non à la mort. Liliana en a déjà fait l'expérience et elle sait à quel point on ne peut plus se contrôler. Pensées génocidaires, une simple envie de purger les environs. La vampire fait alors de son mieux pour tenter de se maîtriser, ce n'est pas une chose simple et elle finit toujours par aller dehors, en pleine nuit, afin de trouver une potentielle victime. Il n'y a pas de morale dans ce genre de cas là, il s'agit tout simplement de survie, et elle est devenue un prédateur naturel pour les hommes. L'Europe était devenu un continent paisible, et il arrivait parfois à Liliana de regretter l'époque où les guerres étaient devenues fréquentes, les champs de bataille regorgeaient de nourriture et elle avait connu certains vampires qui s'étaient engagés volontiers dans les différentes armées. Au début, elle pensait que c'était un mythe, puis, petit à petit, en comprenant l'étendue de ces conflits, qu'il s'agissait tout simplement d'un charnier à ciel ouvert, aucun doute que beaucoup de monde en a profité. Elle avait entendu tellement de choses, énormément de rumeurs qu'au final, elle ne croyait plus qu'elle, elle qui rêvait de pouvoir trouver un endroit tranquille, où elle pourrait éponger sa soif par d'autres moyens. Voilà qu'elle se trouvait à présent dans les sous-sols du métro, à passer de nombreuses heures dans l'obscurité, à sentir la folie venir la guetter de temps en temps, mais surtout, cette faim affreuse qui finissait par la tirailler.

Liliana était allongée sur un vieux matelas, elle se situait dans un petit local qui servait à la maintenance il y a de ça plusieurs années. Elle avait investi les lieux et personne ne venait la déranger. Elle avait parfois du mal à trouver le sommeil, ses rêves lui rappelaient sans cesse sa vie d'antan, quand elle n'était qu'une humaine, une pauvre mortelle qui ne s'attendait pas à voir défiler plusieurs siècles. Elle portait des vêtements vieux de plusieurs décennies, elle n'avait pas un accoutrement chic, le tout, c'était d'éviter les morsures du froid qui était intense en hiver. Elle ouvrit alors les yeux, perdue, elle mit plusieurs minutes pour se lever. Elle avait encore rêvé de massacres, de sang, de cris et de larmes. Elle savait pertinemment qu'elle finirait par perdre la raison, qu'elle se transformera à un moment en monstre. La seule chose qu'elle souhaitait à cet instant, était de tenir assez longtemps, s'éloigner loin de tout contact humain, mourir seule, mourir de faim, mais mourir une bonne fois pour toutes. Elle commença alors à déambuler dans ce dédale souterrain, elle croisait quelques sans-abris, elle discutait parfois avec eux, sans trop parler de sa vie. L'esprit embué, mais continuant d'avancer, elle cogna contre une vieille canette de soda et s'exclama, ça allait sans doute réveiller les gens autour, ou même attirer quelqu'un avec des idées tordues, il n'était pas rare de voir un voyou tenter de voler les pauvres, mais si il croisait le chemin de Liliana, il devenait tout de suite un potentiel repas.
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MessageSujet: Re: La litanie des cœurs battants. [PV Liliana] Mer 5 Oct - 0:23


Ses yeux pleins de las glissent sur la désolation présente droit devant lui. Personne ne fait réellement attention à lui, tous sont occupés à ressasser ou au contraire oublier leur malheur. Une austérité palpable, malaisante. Parfois coupée courte par un sourire échangé entre deux personnes, un éclat de rire résigné, une mine réjouie pour telle ou telle raison. Là où beaucoup se murent dans un silence solitaire, mort, d'autres préfèrent tenter l'effort solidaire, l'entraide, le maintien de ces quelques contacts sociaux sans lesquels ils ne deviendraient plus que des bêtes soumises à la famine.

Il y pense en voyant ça, l'Andrew. Il sourit en voyant quelques personnes sembler partager le peu de nourriture à leur disposition. Ne lui est rendu qu'un regard méfiant, voire agressif. Pour réaction, la disparition de son mince rictus, et ses yeux qui reviennent se river vers devant lui. Ca amène ça, aussi. De la méfiance. Volonté de s'aider les uns et les autres et peur de son prochain se mêlent en un schéma complexe, paradoxal.

Le spectacle et les pensées qu'il soulève en son esprit... Andrew y songe, se dit que ça se rapproche de son dilemme. Sans aide, sans contact extérieur, il deviendra un animal affamé, sanguinaire. Il doit accepter de tendre la main mais se méfie de la morsure de celui qui jure vouloir l'aider. C'est tout sauf simple, oui. Il les comprend, ces gens.

Il les comprend. Les regarde. Les observe et les détaille. Pense à leur condition. Qui irait se plaindre si quelque-uns devaient disparaître... ça passerait inaperçu...

L'idée lui vient à l'esprit, et aussitôt qu'il l'assimile, sa langue vient se placer entre ses dents, il mord avec force et résolution, étouffe un gémissement de douleur alors que le sang coule de sa bouche. Punition. Pour cette simple pensée, il se maudit mille fois. Se dégoûte. Comment j'peux commencer à raisonner comme ça... Plus les choses évoluent, plus cet amour-propre qu'il a longtemps eu de sa vie humaine s'envole. Plus ce que lui offre son reflet le débecte. L'effraie.

Figé au milieu de l'endroit, il est là, immobile, cet espèce de grognement douloureux réprimé au mieux que possible mais apparemment pas assez, vu la masse de regards tournés vers lui. Une main devant la bouche, du sang qui coule d'entre ses doigts pour aller perler le sol à ses pieds de quelques gouttes rouges. A cette vue, nombreux autour affichent une mine dubitative, suspicieuse, sûrement craintifs de voir débarquer un dangereux, ou bien même un malade grave qui tousse du sang. Un, pourtant, à la différence de ses congénères, s'approche doucement du jeune homme. Un vieil homme à la barbe fournie et négligée, véritable stéréotype du sans-abri de longue date privé du luxe même de l'hygiène. La mine vaguement inquiète, le vieil homme arrive en face, pose une main amicale sur l'épaule d'Andrew.

Dis voir, ça va aller gamin ? T'es blessé ?


Il reste yeux baissés un moment, sans réponse, la main toujours portée à la bouche pour limiter la perte de sang. Son regard ne se lève pas. Il a trop peur que la faim se lise dans de trop rouges prunelles grandes ouvertes.

Non, ça va, rien de grave. Merci.


Sûr, hein ? Hmpf. T'es bien jeunot pour traîner ici. Tu t'en sors ?

Un silence. Un tremblement dans la mâchoire, des yeux qui s'imbibent du rouge sanguin. Je m'en sors pas, non...

Laisse-moi.

La voix marquée du début de sanglot qui commence à lui prendre la gorge, il se dégage de l'emprise du vieil homme d'un coup d'épaule puis trace son chemin tout droit, tête baissée, capuche relevée, visage de nouveau emmitouflé dans une large écharpe. L'homme après un hoquet de surprise suivi de quelques vagues protestations laissées sans réponse finit par regarder Andrew s'enfoncer plus loin. Le regard trouble, mais aussi attristé, la barbe grisâtre retourne vers son abri de fortune, l'air préoccupé tandis qu'il regard la silhouette encapuchonnée s'éloigner au loin.

Au loin, des larmes de rouge qui coulent malgré qu'il essaie au mieux qu'il peut de les retenir. Arrête de chialer, connard, tu fais que ça depuis des semaines... Reprends-toi, allez, allez... Ca l'épuise. Il sait à peine pourquoi ça lui est venu, ce coup d'émotion soudain. Instable au possible, ses émotions se manifestent plus fortes et plus imprévisibles à chaque jour qui passe. A mesure que l’appétit lui grignote l'esprit, ses sentiments se démultiplient. Une légère amertume devient flot de larmes, une irritation négligeable a tôt faite de se transformer en un torrent rageur. A fleur de peau, alerte, à la limite de la paranoïa, ce fait trop de choses pour sa petite caboche.

Tant et si bien qu'il n'entend pas cette canette plus loin, qu'il passe devant cette femme sans lui accorder un regard, toujours ce sang qui coule dans son sillage, cette main à la bouche et ce rouge qui coule des yeux. La morsure semble s'avérer plus sérieuse qu'il ne l'aurait pensé, ce qui en fait un véritable petit phare olfactif senteur hémoglobine... Surtout aux sens d'un prédateur nocturne.
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