Quelle race dominera la ville de Londres? L'avenir de cette ville repose entre vos mains, maintenant.
 

Avis aux nouveaux, et aux futurs DCs: Les lycans sont en sous-population. Allez-vous laisser gagner les vampires? Prenez note que le nombres d'employés de la brigade de l'ombre est en constante chute libre. ♦♦♦ NB: Le groupe des Sanguinaires ainsi que de la guilde de Saint-Pierre sont désormais fermés pour un temps indéterminé: les groupes sont en surpopulation. Merci! ♦♦♦


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Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V]

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MessageSujet: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Ven 12 Aoû - 13:47


J'ai faim. Faim faim faim faim faim faimfaimFAIMFAIM

Il a cédé. Ca devait arriver. quelques jours après cette rencontre dans le parc, en fait. La journée passée dans un squat à l'abri du soleil, à tenter de dormir. Impossible. Pas avec cette faim pour lui tordre le ventre. Il a bu le sang dans la poche qu'on lui a donné il y a de cela quelques jours. Ca l'a soulagé. Ca lui a fait un bien fou. Mais comme prévu, ça lui a donné envie de plus. Alors maintenant, ça revient à la charge, plus fort encore. Le goût du sang encore en bouche, et l'envie d'en avoir plus qui lui taraude l'esprit.

Mal...

Ca commence par des gargouillis. Pour les suivre, une douleur lancinante, permanente, avec parfois un pic qui le fait hurler comme une bête. Heureusement qu'il est seul. La lèvre mordue au sang pour ne pas abandonner, il a essayé, mais ça ne veut plus. Ca fait longtemps qu'il ne retient plus les larmes. D'abord, c'était pour ce qu'il a perdu. Sa vie, ses proches, son avenir. Maintenant, il n'y pense même plus. Maintenant, c'est pour ce dont il a besoin. du sang. Les larmes s'écoulent sur ce sol maintenant trop rouge depuis le temps. Chaque larme, c'est une part de cette promesse faite à soi-même qui s'envole. Il n'est plus lui-même, peut-on vraiment le lui reprocher s'il ne tient pas parole.

Plus jamais. Je veux plus jamais avoir à refaire ça.

Ca lui arrive à l'esprit. La phrase qui à l'origine retentissait en clair rappel à l'ordre n'est aujourd'hui qu'un faible murmure à peine audible, effacé, noyé. Par quoi ? Par la cacophonie. D'autres voix se sont invitées à l'oreille du jeune Andrew. La sienne de voix en fait, multipliée en plusieurs interventions simulées par son esprit malade. Elles n'ont pas la douceur de jusqu'à maintenant. Elles préfèrent le harceler, le briser.

Tu vas céder, abruti ? Tu vas en bouffer un à la fin ?
Tu sais que tu vas en crever si tu fais rien, hein ? Oui tu le sais.
Alors quoi, tu veux te laisser mourir ? Tu veux laisser tomber ? Lâche tes principes si tu veux pas finir mort.
Oublie, t'es plus ça. Tu vas devoir oublier ces choses pour survivre. T'essaies de l'ignorer, mais ça marche pas. T'as aimé, hein ? Le goût. La première fois, quand ça a coulé, que tu t'es délecté du sang de tes propres amis. Tu t'en foutais bien de savoir à qui il était ce sang. C'était bon. Ca t'a envoûté, si bien que tu as mangé plus qu'à ta faim. T'aurais pu survivre avec un seul corps, voire deux. Six, Andrew. Tu les as tués tous les six. Tu le sais, hein ? Sur les six, tu en as tué au moins quatre par gourmandise. Parce que tu as aimé. Tu avais un bandeau sur les yeux, pour cacher à la faible part d'humanité encore en toi l'horreur de tes actes. Plus de bandeau, Andrew. Tu vas devoir assumer ta nature.


Tue.
Tue pour vivre.
Tue pour manger.
MAGNE-TOI.


***

Une silhouette qui rode. Il est tard, quelques-uns rentrent de boite, bien éméchés, d'autres se baladent dans la nuit, bien ignorants de ce qui peut frapper dans les ombres de la capitale. Deux points de lumière rouge qui percent l'obscurité d'une ruelle lugubre. Le son de la bave qui coule, une respiration courte et bruyante, animale. L'ombre scrute, analyse, perce. Elle voit. Cet homme isolé, l'air ivre qui va pour s'éloigner. Des plaintes à peine articulées de devoir rentrer chez soi à pied, la démarche titubante. Silencieuse, l'ombre commence à le suivre à pas félins, tirant profit des petites ruelles, de leur obscurité et de leurs nombreuses cachettes pour rester loin de la perception de quiconque.

Quelques minutes comme ça, assidu, attentif, patient, à attendre le bon moment, le bon coin désert. Ils finissent par arriver vers un chemin bien sombre, isolé, et l'alcoolisé ne trouve pas meilleure idée qu'emprunter le chemin le plus à l'écart. Un sourire prédateur se fige aux lèvres baveuses de l'ombre dans son dos. Elle approche. Elle est dans son dos. Un lampadaire, son visage qui se dévoile sous la lumière de l'appareil.

Spoiler:
 

Lèvres gercées, ensanglantées de trop se les mordre. Teint blafard, grisâtre, l'air débraillé, le regard fou d'avidité, le rouge de ses yeux plus intense que jamais, et pour le souligner, de grandes cernes creusées, trop pour que ce ne soit pas synonyme d'un profond mal-être. Le visage mi-caché par sa tignasse, une capuche relevée sur le crâne, il approche, le pas discret, l'attitude prédatrice, la promesse d'un festin déjà acquise vu le regard qu'il fixe sur cette nuque nue. Ce n'est plus Andrew, plus tout à fait. C'est Faim. La Faim ne s'embarrasse que très peu des soucis de conscience qu'aurait pu avoir Andrew à faire ce qu'il s'apprête à faire. N'a-t-il pas perdu le contrôle, après tout ? Oui. Alors ses crocs qui sortent doucement.

Meeeeerdeuuuh, j'ai oublié les clefs au b-...

L'homme avait commencé sa phrase en se retournant, son haleine fétide qui vient claquer contre le visage sauvage planté à quelques centimètres du sien. Pour y répondre, la forte respiration du jeune Vampire, au bout de sa faim. Une demi-seconde, c'est l'incompréhension qui règne sur les traits de la proie. Dès qu'elle enregistre la situation la peur prend bien vite le dessus. A peine le temps d'entamer un mouvement de recul que le poing d'Andrew s'est enfoncé dans l'estomac du pauvre hère. Puissant bien placé, sa force de Vampire alliée à son expérience des sports de combat ne vont pas pour rendre la vie facile au mort en sursis. Le coup frappe si fort que l'homme en crache une large gerbe de sang directement au visage du Chasseur. Les narines qui s'affolent sous l'odeur, la langue qui passe sur ses lèvres et partout autour pour récupérer un peu de précieux liquide. Un énième grognement, ponctué d'un espèce de rire nerveux. Il peut presque sentir l'alcool dans le sang de ce poivrot. Ca n'est pas pour lui déplaire.

Tombé au sol, dos à une ruelle bien lugubre, le condamné ne peut rien faire de bien concluant. Le Vampire s'en approche lentement, avatar du trépas prochain de celui qui voit déjà la scène se jouer avec horreur. Paniqué, il recule comme il peut de ses bras et de ses jambes, sans se retourner, encore plié en deux de douleur par le précédent coup, mais meut par l'instinct de survie. Plus il recule, plus il s'engouffre loin dans l'ombre. Dans son tombeau. Andrew ne se presse pas, que cet énergumène aille de lui-même se déposer bien sagement dans un coin plus isolé encore ne va que pour l'arranger. L'homme aurait pu appeler à l'aide si le coup de plus tôt ne lui avait pas littéralement coupé le souffle. Il continue de cherche le sol de des mains dans son dos, pour toujours grappiller une ridicule avance sur le Vampire. A force, sa main ne touche non pas le sol mais un mur bien concret. Cul de sac. De ce fond de ruelle, il ne voit que la lumière du Lampadaire à l'entrée de l'allée, seule source de lumière, celle-la même qui grossit l'ombre du Chasseur pour la faire se projeter sur lui. De dos par rapport à la source de luminosité, visage de nouveau couvert par la pénombre, il avance vers son repas. Le repas lui-même regarde son bourreau avec des yeux implorants, lui demandant de l'épargner de sa grosse voix rauque de grand buveur.

Pour seule réponse, un dos qui se voûte pour arriver à son niveau, une gueule qui s'ouvre sur de grands crocs acérés, un rugissement venu du ventre, une approche rapide vers sa carotide.
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MessageSujet: Re: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Dim 14 Aoû - 11:54

L’appétit, même avec deux cent quinze ans d’existence la soif ne me quitte pas. Heureusement, je suis moins dépendante du sang qu’à mes premières nuits en temps que vampire. Mais quand la faim ce fait ressentir et que la moindre goûte de sang ou palpitation me met l’eau à la bouche c’est qu’il est temps de partir en chasse. Et contrairement à l’adage mieux vos tard que jamais, ici on applique au plutôt sera le mieux. J’ai déjà malgré moi cru pouvoir combattre la faim à une époque lointaine, malheureusement des innocents en ont payé le prix fort de mon erreur avant de réaliser que je devais avant tout me nourrir pour garder la raison et manger des personnes qui méritaient de vivre encore un peu. Depuis les années deux milles j’ai pris l’habitude d’avoir des poches de sang en roue de secours afin d’éviter que si une proie se trouve trop loin ou que l’envie se fait trop sentir de mordre dedans afin de la repoussé jusqu’à prendre un repas correct.

Pour éviter les dérapages j’ai pris soin de repérer des humains pouvant servir de pitance et qu’au vu de leur acte personne ne les regretterait hormis leur famille et encore je n’en suis pas sûr pour certains ! Vu les racailles à qui je compte rendre visite, je ne pense pas que les habitants du quartier vont les plaindre une fois que je les en aurais débarrassés. Je dépasse une venelle pour arriver à un quartier assez miteux, des personnes en situation assez précaire pour la plupart ou vivant sur la corde raide. Une douce odeur me sort de ma marche funèbre et comme un zombie attiré par la chair fraîche j’accoure. D’une allure inhumaine et pourtant, c’est comme une vitesse de croisière pour moi.

Là, je tombe sur un vampire face à sa proie dont il compte se repaître. Serait-il tenté de partager son repas avec moi ? À ces pensés je me mets deux claques afin de retrouvé le tire il est vraiment temps que je me remplisse la panse. Je cherche dans les détritus qui peuvent servir de projectile. Les cadavres de bouteille feront parfaitement l’affaire. Voyant que le vampire à l’apparence juvénile s’apprête à bondir je jette la bière trouvée sur le lampadaire afin de nous plonger tous dans le noir. Je fonce et frappe du tranchant de la main dans la nuque du jeune vampire dans le but de l’assommer sans le tuer. Je lui saisis les deux bras et le cale contre moi afin qu’il ne frappe personne d’autre que moi. Et vu l’appétit dont il fait preuve, je dois être l’unique forme de vie dans les environs à pouvoir encaisser ses coups sans trop de mal.

- Vous soignez vous et je vous déconseille de parler à qui que ce soit de ce que vous avez vu. Je marque une pause. Et quand à vous, je vous amène à un endroit ou vous pourrez vous nourrir sans aucun regret.

D’une voix de fantôme, je ne pris pas le soin de voir si mon camarade de sang était encore conscient. Je me contentais de le garder solidement contre moi afin d’éviter qu’il provoque un carnage irréfléchi. Avant de rebrousser chemin je sentis une odeur d'urine, le pauvre la peur à doit être encore plus intense avec ma voix dans l'ombre sans pouvoir deviné s'il sera déchiqueté ou non. Attendez ! Bon sang ! Il s'est littéralement chié dessus. Je m’enfuis avec le garnement sans demander mon reste et loin des effluves indésirables. Je donne tout ce que mes jambes peuvent donner avant qu’il ne se débatte de trop et arriver à la bonne adresse, je me pose calmement devant la porte. Et j’y frappe assez fort et à un rythme frénétique. Le problème étant que j’ai du mal à entendre s’ils approchent. Mais j’ai encore l’esprit assez clair quand le bruit d’un verrou retentit et d’une poignée qui s’ouvre pour m'arrêter.

- Putain, j’ignore qui t’es du con, mais on t’éclater la tête et …

Pas le temps de terminer sa phrase, le jeune homme armé de sa batte comme ses deux compères reçut un puissant coup de poing dans le bas du ventre. Le projetant sur tout le couloir et terminant sa course en se fracassant sur un coin de mur ouvrant sur deux autres couloirs. Il crache une gerbe de sang attisant ma faim et qui atterrit sur les narines du petit que je retiens. Je relâche en jetant mon jeune collègue au sur un des deux énergumènes, tandis que je ferme la porte en prenant soin de bloqué tous les verrous. Les voyous de fortune perdaient du temps à analyser une situation purement inédite à leur quotidien. Hélas, ils n’auront jamais le temps de comprendre. Je me dirige sur le dernier ayant encore les mouvements non entravés par un prédateur sur soi ou un mal à l’estomac ayant provoqué une hémorragie. Avant d’arriver à son contact, j’arme ma jambe et écrase le pied de celui qui est aux prises avec le prédateur débutant. Le pied explose à l’impact de mon talon, limite coupée en deux, les os ou volé et les bouts de chaire également. Il hurle aussi fort que cela puisse être possible, avant de suer et de baisser le volume sous la douleur. Sans m’en préoccuper davantage, je fixe à nous ma poche de sang chaud, la bouche ouverte dévoilant mes canines sorties.

Il tremble, des sons sortent de sa bouche, il s’empêche de hurler jusqu’au moment ou il lève le poing à mon encontre. Je bloque et mords sa gorge, de ma dernière main valide je saisis le second poigné afin de l’immobilisé totalement. Le sang, délicieux nectar m’apaise, mon esprit est concentré sur mon environnement et les possibles dangers. Je reprends pied sur la réalité uniquement lorsque l’humain n’a plus une goutte à m’offrir et le jette à terre comme le détritus qu’il est. Les idées à leur place je fixe mon camarade vampire de mes yeux onyx.

- Bien mangé ?

Simple question de politesse. Désormais, je sens une chose très nettement au sujet de son odeur, c’est un très jeune vampire. Il doit être à peine transformé, je n’arrive même pas à mettre une estimation son âge temps cela remonte à loin les fois ou j’ai rencontré d’aussi jeunes vampires. Vu son sa façon de chasser, il n’a pas du recevoir de cours là-dessus. Mince, je n’avais pas prévu de m’attarder plus que ça ici. Mais s’il est dans la situation que je devine qu’il est. Alors je dois l’aider de manière préventive. Sinon, lui et d’autres innocents aussi bien, humains, que vampire ou même lycan pourraient décéder. J’emprunte une voix douce tout en me collant à l’unique porte d’entrée.

- J’ai une question celui qui vous a engendré ne vous a pas donner une éducation appropriée sur votre nouvelle condition ?

Un peu trop direct sans doute, mais je dois savoir s’il en a reçu une, vu l’aperçu de ce soir je n’y crois pas un seul instant et je ne le jugerais pas sur sa conduite. Après tout lâché dans la nature quand on ignore tout ce que l’on ait comment ne pas faire de bêtise ? Dans ma position actuelle, je ne vois que le couloir et les trois corps. Je constate à l’instant que celui que j’ai mordu est un blanc au crâne rasé avec un tatouage de tête de mort sur le caillou et il y a également sur les bras et le cou. Ses vêtements son étonnant soigné, pas de plies anormales de bonne couture, mais si je ne suis pas fan des symboles dessus et son pantalon et étonnant chic. Tout comme les chaussures qui sont superbes. Avec les bagues au doigt et sa chaîne, celui lui donne un aspect de dur à cuire soigné. Seulement, vu le prix que doivent coûter sa tenue et le quartier où il réside, à moins d’avoir un emploi qui rapporte énormément je parie qu’il n’a rien eu de tout ça de façon propre. Je sens qu’en explorant la maison je vais aller de surprise en surprise et d’avoir de moins en moins de regret à les avoir tués. Enfin, est-il possible d’avoir un niveau de remords inférieur à zéro ? Je regarde à nouveau mon camarade.

- Hum, désolé de vous poser encore une question, mais que savez-vous des vampires ?

Quoi qu’il en soit je ne le laisserais pas partir tout de suite avant d’avoir la certitude qu’il n’est un danger pour personne et surtout pas pour lui même. Le bandit que j’ai cogné pousse des râles, il en a plus pour longtemps. Que cela soit d’un deuxième coup ou des conséquences du premier, il mourra. Je m’apprêtais à poser une énième question, mais vu les circonstances et ma potentielle allure menaçante, il valait mieux y aller doucement.


Dernière édition par Cassandra Home le Sam 20 Aoû - 14:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Lun 15 Aoû - 4:45


En lieu et place du son de la chair qui se déchire sous une paire de crocs, le bruit sourd d'un coup dans le dos, suivi d'une extinction des feux temporaire. Une presque perte de conscience, plongé dans un entre-deux, amorphe quelques secondes. Mais cet état ne peut durer longtemps, pas avec la faim qui tambourine dans sa tête, pas après s'être fait voler son espoir de salut au moment décisif.

Il entend des bruits, une voix, sans trop comprendre. Il se sent traîné. A l'instinct de survie qui régissait ses gestes s'ajoutent Peur et Colère. Qui ? Quoi, pourquoi ? Celui qui lui a fait ça ? A vrai dire, peu importe. Il allait enfin y arriver. Enfin, ce mal qui lui prend le corps allait disparaître. Et cette ultime guérison lui est volée, ça alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres du salvateur sac de sang sur pattes. Non. Alors très vite, ça se réveille. Grognement, coups d'épaules. Les crocs poussent un peu plus encore, les yeux se rouvrent. Il cherche avec ses mains la peau de ce qui le restreint, peu importe ce que ce c'est. Trouvé. Les dix ongles de ses mains viennent brusquement s'enfoncer dans cette peau pour glisser dessus avec violence, et ce à plusieurs reprises. En fond sonore de ça, les rugissements plaintifs et furieux du Vampire. D'autres voix se font entendre, mais il n'y fait pas attention.

Pourtant, quelque chose finit par le tirer de sa frénésie. Ou plutôt, par la rediriger sur quelque chose d'autre. Quelqu'un d'autre. Du Sang. Quelques goûttes du fluide vital qui lui viennent au visage. Une grande inspiration pour s'imprégner de l'odeur, deux yeux rouges vifs qui se tournent vers la provenance. Pas le temps d'analyser, ni de comprendre. Sa vision est brouillée, guidée par ce qui le ronge de l'intérieur. Plus de murs, plus de meubles, plus de traits sur le visage. Il ne voit qu'un environnement vide, obscur. Un noir complet, et pour briller tel des phares dans cet abysse, trois grandes poches de sang qui se dandinent impudemment sous le regard de la Bête affamée.

Une poussée dans le dos, il est rapproché d'un des hors d'oeuvre devant. Sa course ne s'arrête pas, non, au contraire, il accélère de ses jambes et hurle un cri guttural à l'encontre de son futur repas. Il ne verra jamais la peur sur son visage, pas plus qu'il n'entendra ses suppliques implorantes. Il se jette littéralement dessus, le fait tomber au sol de son élan et de son poids pour se retrouver à califourchon sur lui. Le mouvement a été si rapide que son buste se retrouve naturellement jeté en avant par la vitesse de course, sa bouche grande ouverte se referme ainsi sur la carotide de sa proie, tandis que les mains serrent les poignets du pauvre hère contre le sol, qu'il ne puisse agir plus que ça. Douleur, l'humain cri, pleure, implore puis injure, d'une voix d'abord forte puis de plus en plus faible en fur et à mesure que la vie le quitte.

La vie le quitte, tandis qu'elle semble enfin revenir au sein du corps meurtri du Vampire au-dessus de lui. De grands bruits chuintants, le son de la bave qui coule, du sang qui quitte un corps pour en rejoindre un autre, les gémissements contentés d'une Bête trop longtemps privée de chasse. Il boit avec une sauvagerie non-dissimulée, complètement dominé par ses instincts prédateurs. Bientôt, le seul bruit qui se fait entendre dans la salle est celui de ce rouge qui lui coule lentement dans la gorge. Pas une seule goutte. Le corps desséché de sa nouvelle victime est là, immobile, le visage figé en cette expression de peur et de résignation. Il savait que c'était fini. Andrew se maudira pour ça lorsqu'il aura totalement repris le contrôle. Mais ce n'est pas encore fait. Loin de là. En fait...

C'est pire.

Plus.

Il le murmure une fois. C'est léger, à peine perceptible, étouffé par la grande quantité de sang ingurgitée. Il relève enfin son visage d'au-dessus des restes de son repas. Deux grands yeux ouverts, une lueur folle qui y règne. Du sang partout autour de la bouche, sur la mâchoire et même sur ses vêtements. Un sourire mauvais sur le visage, les dents rougies de ce qui n'est que trop présent dans sa bouche à présent.

J'en veux plus.

Plus fort, cette fois-ci. Oui, lorsqu'il aura totalement reprit le contrôle, il regrettera. Mais il est bien loin de tout contrôle de soi, en cet instant. Ce goût, cet apaisement, cette liqueur sanguine qui lui est passée dans l’œsophage, chaude et agréable. L'adrénaline de la chasse, le poil hérissé, l'excitation palpable, l'envie d'en faire toujours plus, d'aller plus loin que ce que les limites de la raison imposerait. Tout ça, ça s'est emparé de lui. C'est difficile, vous savez ? Un Vampire et ses premières nuit, ses premiers repas, ses premiers contacts avec cette nouvelle part de lui qui le change complètement. Ca joue sur son corps, son esprit. Ici, l'esprit est baigné de rouge, le regard ne voit le monde qu'à travers une teinte carmine éternelle, tout apparaît à la couleur du précieux liquide. C'est le tribut du pouvoir Vampirique, la folie sanguinaire qui s'en accompagne.

Alors cette voix qu'il entend, les questions qui lui sont posées, il n'y porte pas même la moindre attention. Il y a quelque chose d'autre qui tape à son oreille de façon bien plus insistante. Boom boom, boom boom, boom boom.Il en reste un. Il vit, il saigne, il en a encore en lui. Andrew le sent voit, l'entend, le sent. Son nez inspire la fragrance ferreuse qui s'y infiltre pour le laisser ivre d'envie. Un râle d'envie se fait entendre alors qu'il se redresse lentement, abandonnant le corps sans vie en-dessous de lui.

Éducation...

Le seul mot qu'il répète, comme s'il avait quand même accordée une oreille très distraite au discours de la voix féminine. Il n'a même pas encore tourné le regard vers elle. Il répète le mot, un arrière goût amer dans la prononciation. Après l'avoir prononcé, un grand rire cynique, rauque. Ca se prolonge tandis qu'il s'approche du second plat de la soirée.

Il m'a tout pris... Tout...

A l'ivresse chasseresse commence à se mêler la rancune latente qu'il éprouve vis-à-vis de ce mystérieux Vampire. Celui-là même qui l'a transformé, sans qu'il n'ai le souvenir si du procédé ni du visage. Une fête, de l'alcool, des amis. D'un coup, le noir, plus de son, plus d'image. Et quand il s'est réveillé, c'était avec cette faim atroce au ventre, yeux bandé, six de ses proches rassemblés dans cette pièce fermée. Il s'en rappelle encore, de ce qu'il a fait sous l'effet de sa nouvelle malédiction. A cette pensée, le poing se ferme, la mâchoire se serre. A peine audible, le sifflement de rage qu'il laisse s'échapper n'est même pas assez fort pour représenter tout le venin qu'il a à cracher sur son « créateur ».

Il arrive au niveau du dernier humain vivant. Il le regard avec de grands yeux, reflets de l'intérêt grandissant pour ce qui coule le long de sa bouche. Il le fixe, ce sang qui coule.

Il m'a tout pris, et tu penses qu'il allait m'aider après ça ? Tout... Tout. Et quoi ? Il m'a donné quoi en retour ? HEIN ?!

Il le beugle au visage de cet espèce de criminel, comme s'il lui fallait une face patibulaire en guise de bouc-émissaire de la fureur qui monte. Rage comme appétit montent tous deux en même temps, et pour y répondre, une réaction de Vampire : Une réaction Sanguine.

Rien. Rien ! Un. A part ça ! Deux. Cette putain de Faim ! Trois. Que je contrôle pas ! Quatre. ET QUI ME BOUFFE DE L'INTERIEUR ! Cinq.

Cinq coups de mâchoire sur cette gorge exposée. Les cris de douleur et d'agonie de l'homme qui se font entendre, mais qui ne passent qu'au second plan comparé aux mots d'Andrew, aboyés d'une voix stridente, nouée, forte mais vacillante à la fois. Les mots partent difficilement, sang oblige, mais tout est compréhensible. Cette voix. Forte de la rage qui monte, rendue faible et tiraillée par le désespoir sous-jacent. Il aime. Et ça le dégoûte. Ca le dégoûte de tant aimer ça. Ce sang, ce meurtre. Il a adoré ça. Qu'est-ce que je deviens...

Quelques spasmes, ceux de l'ultime souffle de vie qui parcourent le corps du brigand. Le sang afflue dans la gorge d'Andrew, apaise partiellement son humeur. Le faciès trempé de rouge, il quitte la gorge de cette énième victime pour le fixer un moment. Une grande quantité lui coule sur le visage, ainsi, peut-être que les deux sillons de sang qui se créent à partir de ses yeux ne seront pas visibles. Peut-être.

Un sanglot réprimé, un poing qui se serre de nouveau. Lentement, il se relève, l'accès de rage de tout le long disparu. A sa place, une mélancolie portée par un regard morne, un visage fermé, la démarche lente. Sans un mot, il s'avance vers un large fauteuil en cuir pour s'asseoir dedans, porter une main à sa tempe et fermer les yeux un petit moment. Il en a besoin. Avant de se poser des questions sur qui est cette femme, sur ce qu'il fait ici et sur ce qu'elle lui veut, il a besoin de redescendre sur terre.

Je sais qu'on est des Monstres.

Il sort ça d'un ton las, au bout d'une dizaine de secondes, enfoncé dans le cuir. Je voulais pas avoir à recommencer ça...

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MessageSujet: Re: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Ven 19 Aoû - 9:54

Il ne répondait pas la faim s’avère beaucoup plus forte que sa raison. J’aurais pu jouer de la trompette ou de ne pas être ici, il ne s’en est s’aurait même pas rendu compte. Le seul mot que j’entends est plus et ce après qu’il mangé son premier humain. C’est à partir d’ici que je constate l’ampleur de son appétit et de sa privation qu’elle soit forcée ou intentionnelle de sa part combattant le vampire en lui. Le manque de sang comblé avec l’occasion de se repaître complètement ne lui permet pas de se contrôler et vu les voyous en face, je n’allais certainement pas l’arrêter. Pars contre je devrais prendre des mesures s’il ne parvient toujours pas à reprendre ses esprits. Hors de question de laisser un jeune vampire fou dans la nature. Enfin de ce que je vois il ne semble pas avoir franchi le seuil de non-retour, il exprime davantage de mots, mais il est pour l’instant comme hors du temps. Comme si folie et réflexion se mélangeaient. Il ria d’un rire qui manquais de tué par crise cardiaque le bandit, pour peu j’aurais de la peine pour lui et son dernier moment de vie.

Dès qu’il exprime sa rancune envers celui qui l’a engendré, je compris que sa transformation est loin d’être voulue ou consentie. On pourrait dire que je mets la charrue avant les bœufs, mais les indices laissés me portent à croire cela. Déjà, il est très jeune comme vampire, il est affamé, probablement n’a-t-il jamais mangé avant ce soir et surtout il est seul. J’ai rarement vu des nouveaux nés sans parent pour les surveiller ou les protéger du monde dans lequel il entre sans leur offrir les moyens de survivre. Et surtout, il me l’affirme indirectement en hurlant face à son prochain repas. Je baisse les yeux de tristesse j’ai l’impression de revivre mes premiers jours en temps que vampire. Moi devant Eden, qui s’amusait de moi, à m’affamer et à jouir du remord que j’avais en dévorant les faibles humains présents, souvent des enfants avant de me faire torturé à mort leur parent ou il inversait. Je frissonne à repenser aux horreurs qu’il m’a ensuite fait subir, dire qu’être esclave en temps qu’humain est horrible, mais en temps que vampire c’est guère mieux voir pire. En y repensant, je me demande comme je suis parvenue à ne pas devenir complètement folle.

Je m’émeus, mais pas devant le sort de la proie, mais devant sa fureur emplie de rancœur. Il déchire davantage qu’il ne boit, le brigand cherche à hurler, mais sa voix donne des mots incompréhensibles, ce n’est pas d’ailleurs comme si je cherchais à comprendre ce qu’il dit. Le jeune inconnu se relève et contemple-t-il son oeuvre ? J’ignore ce que masque son poing. Jusqu’à le voir de profil, même si je ne suis pas la plus douée pour décrypter les émotions, certaine son des plus visibles. Ici l’abattement et le remord, je ne vis pas tout de suite ses larmes sanguines, son visage étant immaculé de sang. Il pipait plus mot, son coup de sang si je peux me permettre l’expression en cette heure sordide est fini.
Je me mets en marche doucement également afin de le ménager, avant de vouloir l’interpeller je recherche du regard quelque chose pour l’essuyer, dans la pièce opposée à sa direction, il y a un lavabo, un lave-vaisselle qui tourne, des placards, un frigo et un frigidaire. De toute évidence, c’est ici la cuisine, ça alors il se faisait eux-mêmes à mangé ? Au moins, il n’était pas trop feignant et prenait soin de leur corps.

Au moment où je trouve des torchons, j’en saisis un pour l’humidifié en gardant le second sec en abandonnant la pile. J’entends la voix lasse de mon compagnon sur ce que nous sommes. Ces mots alimenteraient ma fureur en temps normal, mais de sa part avec les changements radicaux, définitifs et surtout sans sa permission. Je ne parviendrai jamais à me fâcher contre ce genre d’être brisé. Je me dirige vers lui qui vient de s’installer dans un fauteuil en cuir.

- Nous ne sommes pas des monstres, mais des vampires, celui qui vous a transformé sans demander votre avis et laissé libre à votre sort sans rien vous apprendre lui est un véritable monstre.

La mélancolie de mon compagnon avait détient sur moi, sauf que moi j’étais calme et sans vraie tristesse. Cela tenait davantage de l’empathie. Je lui tends un torchon humide dans une main.

- Tient pour vous essuyer vôtre visage.

S’il ne le prend pas, je lui pose sur l’accoudoir avec le torchon sec qui est là pour essuie l'humilier qui resterait colle à sa peau. J’observe la pièce et repère deux autres fauteuils d’un cuir similaire à l’autre bout d’un beau canapé en tissu brun. En plus, il était équitable entre eux ? Comme quoi même parmi la pourriture ou y trouve des qualités. Le mobilier avait été tourné pour voir la gigantesque télé, on pouvait y voir une console et des vitrines de DVD et jaquette de jeux. Sans y accorder plus d’importance, je fis tourner le canapé afin de me tenir face à mon compagnon du soir. Je me pose sans geste brusque, désormais il pouvait voir ma tenue ou en être conscient. Deux broches rouges en fleur sur ma tête, et une robe longue gothique relativement simple, on y voit juste mes bras fins, on à globalement une idée de ma silhouette, mais pas plus. Maintenant, dans un vrai face à face du moins s’il daigne me regarder droit dans les yeux. J’entame la conversation avec le risque de le brusquer.

- Je peux comprendre ce que vous ressentez et… sais que ce que je vais vous dire risque de ne pas être ce que vous souhaitez entendre. Mais maintenant vous êtes un vampire vous ne pourrez plus jamais redevenir humain et… Je fis une pause. Ce que vous venez de faire ce soir vous devrez le recommencer, sauf que j’aimerais pour vous même et ainsi que ce sur les personnes dont vous vous nourrirez de ne plus vous retenir lorsque vous aurez faim. Auxquelles cas l’ivrogne de tout à l’heure aurait pu être votre première victime ou votre nouvelle victime, j’ignore tout de votre passif.

J’étais amer, l’impression de devoir convaincre une version de moi-même qui aurait presque deux cents ans de moins. Aujourd’hui, je ne me considère plus comme étant humaine, mais bien une vampire et tuer pour me nourrir ne m’affecte plus. En bref, je n’ai pas davantage de remords à dévorer une vie humaine surtout parmi les ordures. Qu’un humain à élever du bétail pour sa viande. Sauf, que lui son mental n’est en aucun cas préparé à cela, moi j’ai eu le temps pour mis faire, mais lui tout seul, soit il prend le plie tout de suite ou il mourra en emportant un certain nombre de victimes dans son sillage.

- J’ai malheureusement d’autres questions… Depuis combien de temps n'aviez-vous pas mangé ? Depuis quand êtes-vous transformé et surtout connaissez-vous vos forces et vos faiblesses ?

Ça sonne comme un interrogatoire à mon sens et je me sens obligé d’apporter une précision à ça.

- Je ne pose pas toutes ses questions dans l’unique but de vous accaparer, mais seulement pour vous aider. Si vous voulez des conseils, n’hésitait pas à demander, je ferais ce que je peux pour vous épauler.

Et je souhaite sincèrement lui venir en aide. J’aimerais le soutenir, comme j’aurais aimé être soutenu pendant mes premières années. Finalement ce soutient, je l’ai eux grâce à William, un esclave humain sauvé des lycans, qui en m’aidant à son tour m’a fait me sentir redevable au point de protéger de mon propre chef sa descendance. Et ceux au point de revenir sur ma terre natale pour assurer la protection de son arrière-petite-fille. La famille ! Moi quand je me suis libéré du joug de mon maître, je n’en avais plus, mais je n’ai jamais su qu’elle aurait été leur réaction à mon égard ? D’une certaine façon, je n’ai jamais souhaité avoir la réponse. M’aurait-il accueilli à bras ouverts ou auraient-ils cherché à me tuer, car je serais devenu un démon à leurs yeux ? Malgré que je ne puisse vérifier, j’ai toujours peur de me dire que je me serais fait rejeter comme un mal propre. Pour une nature que je n’ai pas voulu et que le destin m’a imposée.

- Avez-vous recherché à voir votre famille ? Est-ce qu’elle sait à votre sujet ?

Je me suis soudainement enflammé autant d’intérêt que d’inquiétude, une interrogation autant pour savoir pour lui et me permettre de trouver un semblant de réponse. Ou au moins, me construire la mienne. C’est le cœur lourd que je lui réponds. En pensant à un détail qui à son importance.

- Navré je suis trop généreuse en question… Juste comme vous appelez vous ? Moi je me prénomme Cassandra.

Je n’ai peut-être pas de solution miracle à tous ses ennuis, mais au moins connaître nos noms aidera à la conversation. Plutôt qu’avoir en tête jeune vampire et ancienne vampire en tête à tête. J’espère néanmoins qu’il ne cherchera pas à partir, je ne pense pas le retenir, mais en tout cas je ne le laisserais pas seul cette nuit. Pas temps que j’ai la certitude qu’il peut se débrouiller sans encombre.
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MessageSujet: Re: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Jeu 1 Sep - 11:02

Coupé du monde extérieur, il ne fait pas attention à elle. Il ne la remarque pas tant qu'elle ne se manifeste pas par la voix. Il pense. Il pense, cogite, se creuse les méninges. Un sentiment de dégoût de soi qui monte.

J'ai recommencé

Il réprime tant bien que mal la colère qui revient doucement. Dirigée envers lui-même. Son poing sur l'accoudoir se serre. Plus encore quand celle en face de lui vient tenter de le raisonner, de lui inculquer quelconque morale alors que... Non. Il n'est pas en état d'entendre ce genre de discours, de logique froide et pragmatique. D'entendre quoique ce soit, d'ailleurs.

Pas un regard vers elle. Il reste yeux vers le sol, yeux vides de tout éclat de vie. Aucune réaction lorsqu'un torchon lui est tendu. Il est dans son monde. Il se retient de craquer. Pas devant elle, qui qu'elle soit. Pas devant qui que ce soit. Il ne veut pas. Il entend juste ce canapé qu'elle déplace pour se positionner en face de lui. Un froncement de sourcil à la vue de cette paire de jambes devant. Car il ne compte pas lever le regard, non. Il n'a pas envie de parler. De base... Il n'avait pas envie d'être là. Il lui doit autant qu'il ne veut pas avoir à lui parler, à cette jeune femme. Il a pu apaiser la faim. Elle l'a aidé. Il a tué, de nouveau, au mépris de les efforts pour ne pas céder. Elle l'a condamné. Les deux à la fois. C'est du moins comme ça qu'il le conçoit. Alors il ne sait pas. Reconnaissance, rancune ? Pour le moment, indifférence. Refus, plutôt. Refus du dialogue comme du contact visuel.

Alors elle commence. Tandis que lui grince des dents. Son poing se serre encore, une veine apparaît doucement à sa tempe. Lâche-moi la grappe.

Au fur et à mesure des mots, la colère latente ne fait que s'accentuer. « Plus humain » « Recommencer ». Il sait. Il sait tout ça, et n'a vraiment pas besoin qu'on vienne le lui répéter à voix haute.  « tu aimerais ? » Parce que tu crois que j'en ai quoique ce soit à foutre de ce que tu aimerais que je fasse? 

Non, clairement pas. Si ses intentions ne sont pas mauvaises, cette femme en face ne tombe ni au bon moment ni avec les bons mots s'il s'agit de raisonner Andrew. Il a encore ce goût en bouche, ce dégoût à l'esprit, et ces tremblements dans les mains. Extase, Répulsion, Peur. Des sentiments que l'on voit rarement se mêler, mais qui ici sont tous trois pregnants. L'Extase du sang, la Répulsion de cette addiction qui lui prend doucement les sens, la Peur d'en devenir esclave. De ne plus arriver à s'en passer, quitte à...

Non. Non non nonnonnon! Il grogne sur son siège, respiration grondante. Il ne veut pas... Plus perdre le contrôle. Oui, il aura à recommencer. Il le sait. Mais plus comme ça. Plus jamais. Il faut qu'il arrive à se nourrir autrement. Arriver a...

Tu te rappelles du goût de ces poches de sang, Andrew ? Ca t'as soulagé, hein ? Mais c'est fade. C'est froid. Aucune saveur. Repense à ce sang chaud tout frais ponctionné de la gorge des deux plus loin... C'était tellement meilleur... T'as jamais connu ça. Et tu veux recommencer. Tu veux, mais tes jolis petits étâts d'âmes continuent à t'en empêcher. Combien de temps avant que tu les envoie bouler pour assumer pleinement ce que tu es devenu?

Il pense trop. Il arrive pas à arrêter de cogiter, de confronter cet instinct, cette envie de sang et cette part humain qu'est la sienne.

Longtemps. Trop longtemps.

Seule réponse à la première question qui tombe. D'une voix lasse, très lasse. Il n'a pas envie, et ça s'entend. Il n'a même pas relevé les yeux. Ces yeux encore humides. C'est une protection, en un sens. Une coquille d'abandon, de lassitude, pour ne pas craquer. Jouer le jeu du Vampire fatigué plutôt que d'aller dans le sens du Vampire assoiffé. Ca marche, oui. Pour l'instant. Quant à savoir si ça va durer...

J'sais pas... Une semaine ? Deux ? Moins ? Je...

Il a un peu perdu la notion du temps à ne plus vivre quel a nuit, à ne dormir que d'un œil tant le stress et la faim étaient ses seules compagnes. Quoiqu'il en soi, jeune, trop jeune.

J'en sais rien.... Plus fort, plus rapide. Plus endurant. Moins calme. Plus assoiffé. Plus instable.


Comment ne pas l'être.

Plus altruiste, peut-être ? Deuxième Vampire que je rencontre, deuxième secours désintéressé. Huh.

Il rit doucement à ce constat. Ca ne risquait pas, non, pas plus altruiste. Alors pourquoi ? Pourquoi June, et pourquoi elle maintenant, ont été l'aider ? Il continue, ceci dit. Cette méfiance. Celle qu'il a endormie vis-à-vis de June, mais qui pour cette Cassandra, reste encore présente. Ses yeux s'ils ne regardent pas le visage qui lui fait face restent alertes. Au moindre signe suspect, ruade vers la sortie. Paranoia ? On ne vit pas ce qu'il vit sans en développer une sacrée dose, oui.

Non.

Le ton se fait nettement plus sec d'un coup. Ses yeux viennent pour la première fois rencontrer les siens, et c'est un regard dur, très dur qu'il lui accorde. Une froideur colérique. Il ne le dit pas, mais ses yeux le disent très bien pour lui. Pas question de les impliquer là-dedans. C'est justement parce qu'ils sont importants pour lui qu'il doit tenir ses distances. Qu'il doit... Vivre sans eux. Sans leurs rires, leurs visages, leurs présence. Plus de sortie en famille, plus d'engueulade entre frères ni chamailleries, plus de hausse de ton avec le père, ni d'aventures rocambolesques pour protéger la mère d'elle-même. Plus rien. Il en vient à les regretter, ces moments de tension. Tension, oui, mais au moins vie. Au moins ils étaient là.

Ca lui tourmente l'esprit, alors ce regard fixe sur elle perd de son intensité pour devenir plus vitreux. Perdu, au-dessus de l'épaule de la Vampire, comme pour fixer l'horizon. Comme si quelques images lui passaient devant les yeux.

Andrew.


Il le dit après avoir soufflé un coup, essayant de reprendre un peu contenance. La tremblote reste présente, pourtant.

Ça fait comment ?

Il reprend le contact visuel avec elle. Un peu moins déboussolé.

Devoir tuer pour vivre. Pour le sang. Tu le vis comment, toi ?


Sa curiosité naturelle arrive à refaire surface malgré la situation. Peut-être parce qu'elle est stimulée vue l'importance du sujet pour un si jeune Vampire. Il veut savoir. Il veut savoir comment d'autres de ses semblables arrivent à gérer ça. Cette vie. Comment on s'y fait. Avec le temps, parait-il.

Mais ça lui fait peur, l'idée de s'habituer avec le temps.

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MessageSujet: Re: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Lun 12 Sep - 12:19

J’essaye de capter son regard, mais il garde la tête baissée. À part dire qu’il a l’esprit vraiment préoccupé, je ne vois pas qu’elle genre de commentaire je pourrais dire. Je décrite juste un immense malaise simplement en voyant son poing se serré. Mes mots étaient-ils judicieusement choisis ? Je l’ignore, étaient-ils ceux à prononcer ? Peut-être. Je suis juste certaine que dans tête il n’est toujours pas un vampire, mais un humain condamné à tué afin d’assouvir sa soif de sang. Je m’interroge dois-je le brusquer ? Non mauvaise idée et même si elle pouvait sembler bonne c’est vraiment beaucoup trop tôt pour tenter cette approche dans le but qu’il accepte sa nouvelle condition. Pas au moment on son mental est le plus fragile.

Je me mets à sa place, comment aurait-on pu me raisonner ? Difficile à dire, moi je ne l’ai pas adhérer de base à ce corps de vampire, au début je mis suis résigner à ce statut, évitant ainsi la folie. En repensant à ma conversation avec Évelyne, ça revient à dire à ce jeune homme d’accepter d’avoir subi un viol de son intégrité physique. Et vivre juste après une agression qui bouleverse notre vie à jamais, sincèrement je ne vois pas un discours qui aiderait à ce sentir mieux dans sa peau. La seule chose à faire à mes yeux est elle montrée du soutien moral, de l’épauler.

Durant mes paroles, même moi qui ne suis pas doué pour repérer les petites expressions je parvenais à les voir. Sa colère, sa frustration, ses émotions me revoient cent quatre-vingt-deux ans en arrière. Le même dégoût du sang dans la bouche, ce plaisir interdit que j’en éprouvais. Cette fausse perte de mon humanité, en croyant qu’être un prédateur ferait de moi un monstre ignoble de la pire espèce. Je crois que je me suis fait à cette idée le jour ou je me suis convaincu de faire partir d’un cycle. Et surtout en voyant qu’une fois libre je pouvais choisir mes proies. Toutes les ordures, je les dévorais, avec tout le mal que j’ai réalisé durant mon esclavage pour survivre. Ce n’est pas leur sang dans mes veines qu’il irait me pourrir de l’intérieur. Superstition idiote, non c’est surtout que je refuse d’abréger la vie d’humain profondément bon essayant d’améliorer la vie autour d’eux. Ou au moins, évitez les gens n’ayant rien à se reprocher. Serait-ce la clé pour lui commencer à le raisonner ? Je vais tenter l’idée, mais après.

Je la ressentais sa détresse, sa respiration puissante, son grognement. J’ai bien fait de ne pas insister davantage je l’aurais sans doute perdu. J’écarquille les yeux avec un sourire léger qui s’efface bien vite. Il répond enfin, trop longtemps ? Il doit vouloir répondre à ma première question sure depuis quand il ne s’était pas abreuvé. Sa voix manquait de vie, mais je n’en tiendrais aucune rigueur, il ne souhaite toujours pas me voir dans les yeux. D’ailleurs est-ce qu’il sait à quoi ressemble mon visage ? Je n’ai point de souvenir qu’il est vu ou même brièvement aperçu. À part mes jambes il n’a du rien voir de mon corps et ma voix et l’unique façon qu’il a toute de suite de m’identifier. En plus de mon patronyme.

Il m’indique le temps de sa privation, une ou deux semaines ? Pour un nouveau-né, ce type fait preuve d’un mental en béton pour résister à la faim aussi longtemps. Enfin, je dois retenir que c’est une temporalité approximative, vu qu’il semble incapable d’en être certain lui même. Ensuite, il s’exprime sur une ou un vampire plus puissant que sa personne, mais également plus instable. Attend, il ne ferait pas un autoportrait de lui se représentant part rapport à ça défunt nature humaine ? Je ne m’étonne guère d’une image de soi aussi peu glorieuse, malheureusement.

Mes sourcils se lèvent en entendant que je suis la deuxième vampire qui tente de venir à son secours. Au point de se demander si je ne suis pas plus d’intéressés que la précédente. Est-ce que cela pourrait être Évelyne ? Peut être, mais Évelyne n’est pas l’unique autre femme vampire à Londres, j’ai rencontré Freyja et en temps que chirurgienne elle aurait pu également tenter de l’aider. Puis-je lui demander qui est la vampire l’ayant secouru ? Ou du moins, essayer d’apporter son soutien ?

J’ai un léger mouvement de recul lorsqu’il me montre son visage pour la première fois afin d’afficher un regard sévère. Note, c’est les yeux combinés au ton sec qui m’a faire réagir ainsi en plus du contexte. Un simple regard mauvais ne m’ébranlement plus depuis des lustres. Au moins me voilà sereine concernant la famille du jeune garçon. Il ne les approchera pas de peur qu’il soit danger pour eux. La lueur dans ses yeux partis trop expressément à mon goût. Cette perte est lourde de sens. J’ignore ce qu’elle représente cette famille à son cœur, mais elle est importante ça j’en suis certaine. Il doit autant vouloir les protéger que je le veux assurer la sécurité d’Élisa. Il baissa à nouveau la tête.

Je demeurais silencieux attendant ses réponses. Je pus enfin mettre un nom sur ce visage. Mais sa question me désarçonna. Limite c’est une mauvaise blague, mais dans son cas j’arrive à croire son problème qu’il s’agisse d’une véritable question. Au moins, il me regardait droit dans les yeux c’était déjà ça. Mes lèvres se recroquevillent sur elle même, l’index qui les frotte. Cette fois c’est moi qui fuis ses yeux, je sens que je vais provoquer un drame. Je repose ma main, le fixe à nouveau et inspire profondément.

- Comment je mis suis accommodé ? Celui qui m’a transformé ne m’a jamais laissé le choix. En voyant mon dégoût à me nourrir, il me saigner afin de m’affaiblir. Et m’obliger à manger goulûment poussé par la faim en m’enfermant en cage avec des victimes dont l’unique erreur était d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Les proies variaient, il pouvait s’agir d’homme ou de femme jeune ou âgée. Et comme j’avais une certaine grandeur d’âme, « il m’offrait » régulièrement des enfants. Pas dans l’espoir que je devienne une bonne vampire non juste pour me briser afin de jouir de ma souffrance. Il se délectait du désespoir des humains qu’il me jetait en pâture. En leur donnant une arme de piètre facture ne pouvant me tuer. À l’époque j’aurais aimé qu’il en ait la possibilité croyez moi. Et petit à petit, je me suis convaincu qu’il valait mieux que cela soit moi qui mords, je me suis donc à force forgé une armure.

Ma voie brisée, mes souvenirs faisaient monter des larmes, mais je continuais.

- Une nuit ce déchet a fini par crever et disparaître de la surface de la Terre.

Mes yeux rougir, mes canines sorties et je fixais non pas lui, mais ma main les doigts pliés comme pour griffé. Je me ressaisis, je sens des larmes de sang perte à couler. En revoyant les images de l’infâme.

- C’est alors que durant ma prise de liberté, j’ai pu choisir mes victimes, sans qu’elle subisse le millième de souffrance. Sauf, que je choisis toujours des ordures, des monstres sans état âme comme mon ancien bourreau. Ça m’a aidé au départ de me dire que je pouvais boire le sang de déchet. Vu mes actes passés, ce n’est pas cela qui allait me corrompre.

L’agressivité de ma voix montée, je sentais qu’il fallait la calmer, mais la suite de mon histoire allez s’en charger.

- Mais après je n’ai pas vécu en monstre mangeur d’humain ou surtout je ne l'ai pas ressentie comme cela. J’en ai même sauvé, et avec leurs descendances sans doute plus même que j’en ai tué. J’ai réalisé alors que malgré mon passé honteux où je dois réaliser les pires vices pour survivre et que boire du sang pour vivre ne faisait pas de moi une créature issue des pires cauchemarde. Aujourd’hui, je mange uniquement des criminels, car leur sang et le même que celui des innocents. Sauf, qu’eux nuisissent à leur entourage. Au moins débarrassés d’eux, les vivants plus purs peuvent mener leur vie tranquille. Désormais, je continue de vivre pour ceux que j’ai tués et tente de changer petit à petit les choses.

Mes larmes ont coulé, je n’ai pu les retenir en me replongeant dans mon récit. Ma voix devient de plus en plus brisée. Je viens à repenser à une chose, à une mise en garde qu’il ne doit jamais oublier.

- Surtout, ne te retiens jamais de te nourrir trop longtemps, la faim l’emportera toujours. Quand bien même vous réussirez à vous retenir indéfiniment. Vous ne serez plus alors un vampire qui se nomme Andrew, mais une goule ayant l’apparence d’Andrew. Les goules sont des vampires qui ont généralement empêché trop longtemps de se nourrir. Elle attaque ensuite tout ce qui a du sang humain, quitte à manger la viande avec. Cet état est souvent permanent et ceux qui en ressorte vive ensuite avec de graves séquelles. Et lorsque je dis n’importe qui, c’est vraiment n’importe qui. Le premier venu qui passe sous la main, un barman, un policier, une femme se promenant dans la rue, un membre de ta famille. Tant que cela a du sang humain en lui.

Je pince ma joue avec mes dents pour avoir utilisé un coup aussi bas, mettre sa famille sur le devant de la scène comme étant des victimes potentielles est brutal. Mais nécessaire à mon sens afin qu’il se rentre dans le crâne que se priver n’arrangera rien. J’espère juste qu’il ne sera pas assez lâche ou désespéré en se disant que cet état sera mieux que d’avoir conscience de tuer. Personnellement, si je me suis fourvoyé à ce sujet au départ, le remord n’en fut que davantage plus puissant. Aujourd’hui encore, si je ne m’étais pas retenu à une certaine époque, je ne sentirais pas autant de regret de mes actions ou plutôt de mes inactions. Je me sens contrainte dans le bon sens de lui partager mon expérience dans l’espoir qu’il évite de commettre les mêmes erreurs que moi jadis. Ça sera l’héritage d’une ancienne génération à la nouvelle. Croisons les doigts pour que mes paroles n’atterrissent pas dans l’oreille d’un sourd et qu’il se montre curieux et ouvert d’esprit assez longtemps cette nuit. Je continue dans mon pseudo enseignement ou la révélation de mon passé, à l’expression qu’ici je serais plus avare en détail.

- Sachez qu’il y a des actes beaucoup plus horrible et marquant que de hotter la vie pour manger. J’en ai assez subites les expériences pour te l’affirmer mille fois s’il le faut. Croyez moi le début de ma nouvelle vie fut plus agréable que la suite, jusqu’à ma libération. Vous pouvez toujours m’interroger, mais je ne suis pas certaine de réussir à répondre pour le moment.

Je serrais la mâchoire, ironiquement j’ai dû mal à ne pas baisser la tête. J’empoigne le bord du canapé devant à côté de mes jambes, comme pour m’empêcher de m’envoler. Là c’est comme si j’avais envie de partir en courant loin d’ici, chez moi en sécurité fermer à double tour sans que personne vienne me déranger. Hormis Élisa, personne ne serait toléré dans mon champ de vision ou d’écoute. Bon, j’inspire, derechef le fixe droit dans les yeux. Je savais que fuir n’est pas la solution dans mon cas.

- Pour tout, vous avouez, j’en ai encore mal aujourd’hui. Je demeure toujours à votre écoute, car vous avez davantage besoin de soutien que moi. Surtout à Londres de cette époque. Mais avant de répondre à vos éventuelles questions, je vais reposer une question à laquelle vous n’avez pas répondu tout à l'heure. Que savez-vous des forces et faiblesses des vampires ? Et surtout part extension ce que cela fait de mordre à sang un autre vampire ou un lycan ?

Au fond, j’ai la certitude qu’il désire vivre encore ou qu’il n’est pas résolu au suicide, sinon il se serait jeté dans le soleil afin d’être réduit en cendre. Cette information, je pense qu’il l’a déjà, voir déjà subit. J’inspire profondément, je décrispe mes mains du canapé et essuie mes larmes déjà un peu séchées sur mes joues. Je le regarde à nouveau dans les yeux sans faillir, les pupilles ensanglantées, les canines rentrées et les iris de nouveau d’argent. J’espère ne pas avoir déballé un pan de mon passé pour des clopinettes. Cela m’arracherait le cœur de mettre confié à un inconnu pour zéro résultat. Maintenant j'attends ses réponses, même si certaines sont prévisibles à mon humble avis.
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MessageSujet: Re: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Mer 5 Oct - 0:35


Il ne la perçoit qu'à peine, cette gêne dû à la question. Il ne note que ces yeux qui fuient, comme les siens plus tôt, sans pour autant être en état d’interpréter. Il veut juste savoir. Un point de vue extérieur. Le sien à elle, plus précisément, parce qu'elle a l'air habituée à ça. Lui, jeune, instable et sauvage, tue dans la Rage, la faim et la violence animale. Elle, sûrement plus vieille, moins esclave de sa faim et plus froide. Elle a tué comme on dépose son sucre au fond d'une tasse de café, comme un geste du quotidien. Comme... Une habitude. Il y pense un instant, sa mâchoire crispée quand ça lui passe en tête.

Une habitude... Alors moi aussi à force, je vais finir par trouver ça normal...?

Idée révoltante. Terrifiante, même. Il en a peur, de cette banalisation du meurtre. Il le voit venir pourtant, ce miroir déformant, ce soi qu'il imagine être quelques décennies plus tard. Ce visage froid, terne, ce regard vidé de sa lueur de vie, du sang à la bouche, quelques cadavres tout autour. Alors d'entre ces lèvres rougies d'hémoglobine s'échappent quelques mots, lâchés d'une voix lasse et dénuée d'énergie.

«Tu le sais. Tu tueras comme tu respires, tu deviendra froid, inerte, insensible. La vie n'aura plus de valeur pour toi. Tu devras dévorer pour vivre, alors tu les verras comme eux voient le bétail. Le bétail, Andrew. Ca n'est rien de plus ni de moins que ça. Tes prairies seront faites de gratte-ciel, tes enclos seront les rames de métro et tes sorties culinaires iront t'emmener dans quelques ruelles isolées, à te nourrir des passants. Comme ce soir... »

La scène se joue à l'orée de psyché malmenée, elle le force à serrer plus fort encore ce poing pour ne pas craquer. Le poids d'une vérité bien trop lourde même pour ses frêles mais solides épaules. Il secoue la tête, tente de se recentrer sur le réel, sur les mots de Cassandra, pour mieux oublier les démons qui virevoltent tout autour de sa cervelle.

Et ça n'aide pas. Loin de là. Il écoute le récit de la seconde Vampire des lieux, et au fur et à mesure du récit, un air de dégoût qui progresse sur ses traits. De colère, aussi. Et après, plus fugace mais bel et bien présent, d'empathie. Dégoût du traitement de certains de ces Vampires envers leurs créations, Colère envers eux, Empathie pour elle. Pour ce qu'elle a vécu. Ce pour la simple et bonne raison qu'il a connu quelque chose de certes différent mais amèrement rapprochable tout de même.

Des enfants...

Fils de pute. Ô comme il déteste les images qui défilent devant ses yeux songeurs. Il se figure ce qu'elle a dû vivre, se... Il se trouverait presque chanceux. Mais non. C'est d'une horreur différente, mais au moins égale, sa situation. Et qui sait, qui sait si ça s'arrête là... Bien sûr que non. Ce n'est là que le premier sous-sol d'une longue descente aux enfers.

Lorsqu'elle annonce la mort de son créateur, Cassandra arrive à arracher un espèce de sourire de satisfaction dédaigneux à Andrew. J'irais bien précipiter la démarche pour celui qui m'a fait ça aussi... Oh oui. Il la déteste, cette idée de devoir tuer pour vivre, et pourtant, au fond, derrière toute cette révulsion pour le meurtre, il y a ce cri vengeur qui hurle comme il aimerait lentement crever l'auteur de... De lui. De ce qu'il est devenu.

Une colère qui trouve écho dans les mimiques de la Vampire, ce qu'il note bien. Ce qui l'effraie doucement, aussi. Pas d'une peur palpable, mais d'une qui le force à la prudence. Il pourrait courir, là, maintenant, tout de suite, si elle perd le contrôle. Mais... Hm. Ca  a l'air d'aller.

Et la suite du discours... Il ne sait pas. Quoi en penser ? Ne se nourrir que de déchets ? Et c'est quoi un déchet ? En quoi ils méritent moins de vivre qu'un autre ? Qui sont-ils eux, pour juger de qui mérite de vivre ou mourir au nom de leur appêtit ? Des déchets... Des criminels... Il le sait, pour l'avoir vu. Parfois, les déchets le deviennent à force de se faire traîter comme de la merde. Parfois, les criminels le sont parce qu'ils ont une fille à nourrir. Une famille à protéger, parce qu'ils n'ont pas d'autres choix. Mais non, eux aussi sont des déchets, alors il méritent de mourir, c'est ça ? Douce hypocrisie...

Et pourtant, l'idée lui plait, lui aussi. Heh, qui est l'hypocrite dans l'histoire, finalement ? Mais oui. C'est plus... Plaisant. Moins brutal pour sa conscience, que d'ôter la vie d'autres qui vivent en faisant de même. Il commence à doucement le comprendre, oui, ce malgré la colère et le dégoût de sa propre condition. Les Vampires ne sont pas bien différents des humains. Plus forts, plus résistants, avec pour certains l'expérience de plusieurs vie à leur actif. Mais ils sont différents. Ils ont ce bien comme ce mal qui berce leur cœur maudit, comme n'importe quel Homme. Il n'y a que cette faim qui change vraiment. Cette addiction sauvage... C'est ce petit quelque chose qui en approche certains de l'animal plus que de l'humain.

 «Tu comprends, hein ? Oui, tu vas tuer, devenir froid, tout ce que je t'ai dit plus tôt... Ou alors... Heh. Tu préfères peut-être finir comme ça? »

Une fois de plus, il se confronte soi-même en un dialogue interne, yeux dans le vide. Et il voit. « comme ça ». L'autre qu'il pourrait devenir s'il gère mal la faim. Il se voit, le visage tordu en une expression inhumaine, la respiration forte et gutturale, les yeux rouges d'une bête enragée. Il se voit, à hurler sa rage affamée sur des dizaines d'humains fuyards, à leur tomber sur eux un à un, les boire, encore, encore, encore et encore, sans jamais s'arrêter, sans jamais entendre leurs cris ni rien. Seule cette voix dans la tête, ce mot hurlé par une chorale folle, si fort qu'il n'entend que ça.

FaimfaimfaimfaimFAIM

Comme plus tôt, ce soir. Le souvenir le force à se recroqueviller sur soi, mains serrées contre les tempes, un mal de crâne tonitruant qui lui prend le front d'un coup. Un gémissement, plaintif. Il s'en rappelle... Et il ne veut pas. Il sait. Il deviendra fou s'il se retient trop. Il ne contrôlera plus rien. Elle le lui explique, il écoute d'une oreille... Mais il reste. Gémissant, souffrant, gigotant sur son siège. Rechute. Ses ongles s'allongent en longues griffes qui viennent frotter contre ses tempes, les rougir de sillons de sang. Il se fait mal, grogne, perd un peu du contrôle qui était revenu. Se rappeler, comme ça, entendre être abordé le sujet de cette faim qu'il ne contrôle pas, tout ça alors que ses esprits lui reviennent depuis à peine quelques minutes... Non, c'était une mauvaise idée. Il est instable, cet Andrew, terriblement instable. Fragile petit esprit, nerfs à vifs. Il en faut peu pour te faire craquer... Si peu...

Peu. Comme la simple mention de sa famille.

Dans ce contexte-ci, de plus. Oh non. Non non non, ça, ça n'était pas à faire. Elle vient de lui claquer sa plus grande et terrifiante peur inavouée au visage, sans même l'y préparer. Il essaie d'y penser le moins possible, mais elle le lui rappelle. Et il se voit. S'imagine, contrôle perdu, à se repaître du sang de ses p-...

Non. Il n'a pas le temps. Il NE laisse pas le temps. Il a trop peur de voir ça, même en songe. Alors son esprit fait blocage, comme un mécanisme de défense. L'émotion s'empare tout entier de lui pour le submerger, qu'il oublie ce qu'il a failli voir, qu'il n'ai pas à supporter si traumatisante vision. Une Colère, sans faim, pure, démesurée, incontrôlable. Sang-chaud de sa base humaine, le Vampire en lui n'a fait qu'empirer la chose, l'induire dans cette frénésie aveugle. Alors dès que c'est mentionné, il lève d'un coup le visage vers elle, deux pupilles d'un rouge infernal centrées sur les  siennes, à sonder. Une Bête. Une authentique et inopposable Bête de Fureur incarnée en un simple regard tueur. Oh, inopposable, non, Andrew peut très certainement être maîtrisé par une Vampire plus ancienne, oui. Mais ce n'est pas de ça qu'il est question. C'est de cet éclat dans ses prunelles. De cet océan de Colère qui berce ses yeux malades. C'est évident à voir tels yeux : Les mots utilisés, le sujet abordé, ça l'a touché bien plus qu'on ne pourrait le penser en clamant ce genre de réplique.

Un espèce de rugissement plein de haine qui brise le silence de cette pièce baignée de sang. L'on aurait presque pu s'attendre à ce qu'il réveille les trois macchabées au sol. Pour l'accompagner, un pas en avant qui avale la distance entre eux deux, ses dix doigts griffues qui viennent se refermer sur les épaules de Cassandra pour la projeter contre le mur adjacent. Tout se passe en une fraction de seconde, il étais déjà sur elle avant même que sa phrase soit finie, pris de cet accès de folie. Un peu de poussière soulevée par la collision du corps avec le mur, et il se tourne vers elle, la bave aux lèvres, l'oeil scrutateur, puis se rue de nouveau dessus, le poing refermé puis lancé en avant avec une détente dangereuse.
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MessageSujet: Re: Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V] Ven 14 Oct - 9:54

Ce jeune homme me regardait à peine, enfin dans mon cas mes yeux se baladaient entre le sol et ses pieds. Pendant mon discours, j’avais peiné à le fixer droit dans les yeux. Il prononça des syllabes, mais je n’ai point osé lui demander ce qu’il a dit. Il a comme une réaction lorsque je me suis mis en colère. Après réflexion, il est sans doute possible que ma fureur soit plutôt impressionnante du point de vue d’un jeune vampire. Surtout que je suis parvenu à le maîtriser sans le moindre mal plus tôt dans la soirée. Quoi qu’il en soit Andrew semblait calme, plus ou moins il se recroquevilla à nouveau. Je n’ose l’approcher et reste sur mon canapé. C’est au moment où il hurle que je relève la tête les yeux écarquillés, l’interrogeant inquiète de son état.

- Que vous arrive-t-il ? Vous avez mal ?

Sans le temps de pouvoir analyser quoi que ce soit, il me bondit dessus avec une rage insoupçonnée. La seule certitude qui m’envahit et qu’en face le vampire à laisser place à un monstre à la rage infinie. Ma surprise est-elle qu’il parvient à m’agripper et me projette contre un mur. Plus choqué que de douleur à l’horizon, il est parti ailleurs et je dois le maîtriser. J’attrape son poing et le fais virer par-dessus mon épaule avec juste assez de force pour le sonner. Je lui plie le poignet afin de le forcer à ce coucher sur le ventre et je termine par une clé de bras. Je fais attention au moindre de ses mouvements, il n’est pas improbable que dans sa folie il force pour se relever au point de se briser le bras et l’épaule. C’est pour cette raison que d’une voix paisible, en essayant du mieux que je pouvais de cacher mon inquiétude de se sommet à ce calmer.

- Calmez-vous je vous pris, je ne vous aucun mal, je veux uniquement vous venir en aide.

Là je dois être en train de vivre ce que vivent les gardes de sécurité dans les asiles psychiatriques. Je me triture les méninges afin d’essaye de comprendre son excès de violence. Et je m’aperçois rapidement qu’il a commencé à devenir fou au moment ou j’ai parlé de sa famille. Là, je me dis qu’au fond il ne doit pas être un mauvais bougre. Sa famille est juste un sujet sensible et sa colère doit être motivé par la peur de leur faire du mal voir pire. Comme je devine cela ? Car durant mes années d’esclavage j’ai vu beaucoup de Andrew et hélas peu ont survécu. Soit il parvenait à se maîtriser, soit il était abattu de façon sommaire comme on abat un condamné à mort. Il apparaît comme limpide que parler à nouveau de ses proches pour une future mise en garde ce sort est exclu ou il me faudra faire preuve de beaucoup de finesses. Employer les mêmes mots sans qu’il sonne identique. Mais se rendrait-il compte de la supercherie et surtout cela provoquerait-il à nouveau sa furie ?

Je surveille ses grognements et ses tremblements. Au moment ou ils se font moins intenses je reprends là où je me suis faîte interrompre. Je le relâcherais uniquement s’il répond positivement à ma question.

- Ça va vous avez retrouvé vos esprits ?

Si je vois qu’il se remet bien, alors je relâcherai ma prise doucement. Par contre je croise les doigts pour que personne n’ait entendu son hurlement à en réveiller les morts. Sinon, la suite de la soirée va être compromisse, géré un jeune vampire en manque de repère et la police sera une vraie gageuse. Quoiqu’il en sera, une fois redevenus calme et prêt à l’écoute, je reprendrai la où je me suis faîte interrompre.

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Quand ne reste que la Faim [PV Cass'][+18 : V]
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