Quelle race dominera la ville de Londres? L'avenir de cette ville repose entre vos mains, maintenant.
 

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Bon jour

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Héros

Humain Libre
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MessageSujet: Bon jour Ven 7 Juil - 17:02




Bon jour


Il y avait un homme mort au milieu de la salle, rien d’exceptionnel pour un enterrement. Tout ce qu’il y a de plus banale et désagréable dans ce type de situation étaient réunis. Chacun était passé devant le cercueil pour y déposer une rose blanche, faire le signe de croix ou tout simplement le toucher. Ils lui disaient tous au revoir à leur manière, avec leurs sentiments propres, généralement sans rancœur. Pourquoi en vouloir aux morts. Toute peine doit être payée.  

Si elle est là aujourd’hui c’est pour remplacer un ami, enfin un collègue qui part travailler pour elle, en échange de quoi elle lui avait promis d’envoyer quelqu’un le remplacer. Ce qu’elle fit elle-même sans le lui préciser. Il était parti l’esprit tranquille, ayant toute confiance en celle qui lui donnait les ordres.

En même temps si un de ses collègues la décrivaient il ne devinerait jamais que c’est la Lâche qu’il connait. Déjà dans un premier temps parce que ce n’est pas elle aujourd’hui mais il. Il a les cheveux coupés courts et noirs comme la nuit. Il porte un chapeau cachant une partie de son visage lorsqu’il penche la tête. Visage pâle aux traits et aux cernes marqués, avec une petite ride au coin des yeux.

De loin on pourrait s’imaginer un homme banal en route pour la trentaine, qui n’a pas assez dormit ces derniers jours et qui fume peut-être trop. De près, ceux qui ont pris le temps de le contempler, une à quatre personnes maximum, peuvent admirer un jeune dandy fatigué, ils eurent, un à un et discrètement, un rictus de surprise en se rendant compte de leur erreur de jugement.

Son costume sombre est un peu trop grand pour lui comme louer à la dernière minute. Il semble grand et bien taillé, les épaulettes très discrètes lui dessinent une belle carrure. Heureusement pour Héros les mains sont gantés, ceux-ci n’étaient donc pas à déguiser aujourd’hui. Quel gain de temps. Et personne ne peut soupçonner que ses chaussures si commodes sont équipées de talons, la dernière technologie fraichement sorties des usines japonaises «  un talon qu’on ne voit pas, qu’on ne sent pas, qu’on n’entend pas !  » disait le nippon dans la publicité « Un talon pour la vie ! ».

Il était donc là, derrière « la scène », au fond de l’église, avec un regard discret sur la petite trentaine de personnes assises sur les bancs, qui se levaient parfois pour les chants, tous ensemble, puis se reasseyaient au même moment. Il tentait de les examiner de dos, deviner qui est qui pour passer le temps. Rester léger pour éviter de trop se lier à l’émotion émanant de ce triste spectacle. Il est entouré de trois autres personnes habillées comme lui –qui eux avaient le regard vide, certainement entrain de penser à tout autre chose- ils attendaient la dernière chanson (celle où on prie la sainte vierge en répétant Alléluia).

C’était un autre univers pour Héros, elle n’avait participé qu’à un enterrement dans sa vie et ça ne s’était en rien passé comme celui-ci. Ici c’est un voyeur à la messe. Comme des intrus dans la cité, ou plutôt comme des charognards attendant sagement de prendre leur met devant tous les membres de la famille, pour payer leur loyer. Le clou du spectacle. Il eut un demi-sourire sur les lèvres, amusé par son jeu de mot.

Son collègue qui était tout devant lui, un molosse moustachue d’au moins cinquante ans, fronça un sourcil en médusant de son regard brun le jeune homme, qui s’arrêta de sourire immédiatement. Il prit un air gêné et regarda ailleurs en tenant son dos droit. L’homme l’attrapa par l’épaule et le sortie avec lui de l’église.

Toujours en lui tenant l’épaule dans sa grosse main de bucheron il baissa la tête pour que leurs yeux soit à la même hauteur
« Qui tu es toi ? Où il est Chedly?

Lâche avait toujours son air gêné sur un visage contracté par le stress, venant non pas de l’idée de perdre sa couverture, mais de l’homme tout simplement, surpris et énervé de ne pas s’être rendu compte de sa présence avant –cela faisait bien 3h qu’ils étaient ensemble-. Il lâcha un « Ah, on ne vous a pas dit. D’un air plus ou moins désolé, n’en disant pas plus pour le laisser continuer N’en dit pas trop mais bien assez. -ce qui l’impatienta quelque peu-.

- Non quoi ?

- Chedly a dû aller voir sa mère malade au pays, il est partie la nuit dernière et il revient cette nuit.

- Oh en Irlande… Il se caressa la moustache en se relevant. Et toi dans tout ça ?

- Bah je le remplace, il m’a prévenu à la dernière minute mais je suis arrivé à l’heure.

Sa voix était plutôt aigue pour un homme  -surtout à côté de la voix de l’autre, rauque, venant du fond de la gorge, digne d’un vieux marin- mais elle paraissait totalement masculine, avec un fort accent londonien.

- Tu es qui ? Tu as déjà travaillé dans un évènement comme celui-ci ?

Ca l’arrangeait il avait posé deux questions.

- Jack. Non mais j’en ai déjà vu. Il prit les devants. Je ne voulais pas avoir l’air irrespectueux, là, dans l’église, je pensais à autre chose et y songer m’a fait sourire, désolé.
- C’est normal de vouloir penser à autre chose mais ait l’air plus grave, pour la famille, c’est un métier tu sais ?
- Ah ?
- Ne fais pas le malin pas avec moi gamin. Ces gens ont perdu un des leurs, c’est important.
- Un des leurs. Je comprends. » On entends plusieurs voix en cœurs chantant les louanges de la Vierge, « Allééé-luuu-iaaa »
- Je crois que c’est bientôt à nous, suis moi, discrètement.

Ils rentrèrent tous les deux en essayant d’éviter de laisser trop longtemps grincer la grande porte de l’église. Quelques visages aux yeux gonflés les regardèrent puis se détournèrent, comme comprenant que c’était la fin de la cérémonie, que tout ça allait être bientôt fini. Les croque-morts arrivent…

En avançant avec son air le plus grave, Héros se demanda placidement si son enterrement serait comme celui-ci, il n’y aurait pas autant de famille ou de pleurs, ça elle en était bien consciente, mais si à un moment à la fin de la cérémonie, quelqu'un se dira que la vie est ainsi... Elle aimerait qu’ils comprennent sa pensée, comme une lumière les traversant, elle aimerait leur apprendre quelque chose de grand, touchés par une Grâce à sa manière…

Elle divaguait, sûrement les restes de la veille. Elle fixait le sol vaguement, parallèle au cercueil. Son collègue le molosse lui fit un second regard noir. Il était déjà baissé prêt à porter le cercueil sur le brancard, les deux autres l’attendaient aussi. Lorsqu’elle s’en rendit compte,  il les talonna dans l’action et le mouvement jusqu’au corbillard. Ils allèrent jusqu’au cimetière et finirent  la commémoration.

Héros, après avoir fini sa dernière clope en solitaire, contre un mur du cimetière, commença à partir d’un pas nonchalant. Il fut rattrapé par le molosse « Et ton salaire ? » dit-il d’un air prévenant. Héros signifia qu’il s’arrangera avec Chedly. Le premier dû répondre à son téléphone ce qui coupa court à la conversation et d’un salut de la main Héros continua sa route.

La rue dans laquelle il se trouvait était vide -de sens- le ciel gris semblait s’assombrir assez rapidement. Est-ce la nuit ? Ou l’orage ? Les bâtiments étaient récents mais presque tous barricadés, abandonnés, le temps donnait une impression monochrome à ces quartiers sur-mesure, sans âme et sans vie.  Héros se souvint du réaménagement de ce coin de Londres, il y a trois ans, les publicités immobilières se déversèrent dans la ville priant les riches de venir « Here for you the brand new Nothing Hill better stronger … » ce n’était pas vraiment ça mais elle se le remémora et finit par chantonner une vieille chanson des Daft Punk. Elle serra son front entre deux doigts, je m’égare pas mal aujourd’hui, un maux de tête arrivait. Je n’aurai pas dû abuser hier soir…

Une voiture s’avança dans la ruelle, au pas. Héros préféra l’ignorer, n’ayant pas l’habitude d’être épiée et trop occupée à masser sa boite crânienne. Celle-ci s’arrêta à ses côtés, c’était le corbillard, la fenêtre du passager s’ouvrit et un de ses collègues du jour, le plus beau, l’interpela. « Eh (…) James ?

Elle se retourna et reprit son jeu d’acteur. « Jack, qui y a-t-il ? dit-il avec élégance.
- Excuse-moi, on a encore un peu de taff.
- Ah ? Je croyais que j’avais fini ma journée.
- Non le molosse a eu un coup de téléphone de l’hôpital. Il m’a dit de t’emmener.
- Eux aussi l’appellent le molosse… Les deux autres ne pouvaient pas t’accompagner ?
- Non. Dit-il sèchement  -lui-même dégoûté de devoir continuer à travailler semblerait-il-. Monte, dépêche-toi, plus vite ce sera fait plus vite tu pourras rentrer chez toi.

Il grimpa dans le corbillard vers St Thomas’ Hospital.


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