Quelle race dominera la ville de Londres? L'avenir de cette ville repose entre vos mains, maintenant.
 

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[TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons

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Damian Black

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MessageSujet: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Ven 14 Avr - 1:20





 

 

Hazardous Liaisons


Feat. Lizzie et Damian Black


“ C’est pas mon meilleur profil… “

“ T’as pas d’meilleur profil. “

“ C’est pas c’que ta mère disait hier. “

L’insulte acerbe qui suivit me traversa sans m’atteindre, la lecture de la Une ayant accaparé au plus haut point ma concentration. L’article évoquait notre attaque du M15, mais rapidement l’intérêt de la chroniqueuse s’était porté aux origines du mal. Au centre de la page, une photo de moi accompagné de la légende “dangerosité absolue, ne pas approcher seul” me narguait de vieux souvenirs quand j’entendis soudain mon assassin se marrer sur la banquette arrière. Lui jetant à travers le rétro un regard mi-interrogatif mi-courroucé, il me tendit en guise de réponse son écran de tel où la page du site inscrit dans l’article apparaissait. Curieusement, la seule chose à laquelle je pouvais penser était la réaction de ma petite Emmmmaaa… Je me demandais quelle tête voir la mienne associée à mon vrai nom lui avait tirée, quels avaient été ses premiers mots à la réalisation, comme s’était-elle sentie... Ironie curieuse, elle était la personne qui m’avait connu le plus sincère depuis...

Trois petits coups à la vitre teintée vinrent interrompre notre ennui, et nous indiquer que c’était l’heure d’y aller. Sous couvert de la capuche d’un sweat sombre, je suivis mon escorte, laissant la voiture aux mains de Varnar tandis que Caïn épousait mes pas.
L’air printanier était encore frais pour la saison, et le drap de la nuit sans lune s’étirait en nuances de bleus, plus claires sous les lumières de la ville. Ici, en revanche, pas le moindre lampadaire pour percer notre pèlerinage, me permettant de laisser flotter à l’air libre ma tignasse épaisse. Peut-être le microclimat du cimetière, légende urbaine tenace parmi les Londoniens, ou bien les affres mystiques de l’autre-monde, qu’en savais-je. Le fait est que la pénombre rassurante était totale, et que cela suffisait à tenir éloignée la plèbe humaine. Nous marchions parmi tombes et mausolées depuis une demi-heure maintenant, sans n’avoir croisé qu’un groupe de jeunes désoeuvrés autour d’un feu de camp et d’une planche de Ouija. Absorbés dans leur entreprise ils ne nous avaient pas remarqués, pas même sentis les frôler de quelques mètres. La bêtise de ces croyants m’avait fait sourire, comment espéraient-ils effleurer l’au-delà si déjà le monde palpable échappait à leur perception ? Les échos de leurs questions insensées nous avaient quitté depuis longtemps, dans cette partie de l’ossuaire où les tombes, si anciennes, n’invitaient plus que les fantômes à venir s’y recueillir. Sans un bruit, silencieux comme des ombres, deux des miens vinrent à notre rencontre. L’Araignée, ma meilleure espionne m’informa rapidement des mouvements de notre cible, avant de repartir aussi vite qu’elle était venue. Tout se passait comme prévu, nous n’avions qu’à attendre que la proie se jette d’elle-même dans nos bras.

Le cimetière de Londres était un labyrinthe infini, bordé de vieux grillages noirs et hauts, et piqués de bosquets intimes comme celui où nous avions trouvé refuge. Patienter n’était pas mon fort, mais ce soir, mon invitée de marque méritait bien cet honneur, aussi, calant mon séant le plus confortablement possible sur une stèle large, dont les années avaient rongé la pierre et rendu les gravures de l’épitaphe “Martha El... 18… - 1..90” presque illisibles, je sortis mon journal afin d’en terminer paresseusement la lecture. Elles ne devaient plus tarder maintenant.

Deux heures plus tard…

“ Putain j’en peux plus. J’ai la dalle, j’vais chasser. “ Fit Caïn de son aplomb habituel en entamant un pas vers la sortie.

“ Personne sort d’ici jusqu’à l’arrivée de Dana. “ L’interrompit Laurel - ou peu importe son nom - en répétant l’ordre que je lui avais déjà rappelé deux fois, lui trois, avec beaucoup plus de froideur. Raide dans ses gestes comme dans sa voix, Poumba avait le teint blafard et le poil blond, le visage angulaire et sévère comme un Allemand. Son nom imprononçable, dont il avait abandonné l’idée que je m’en souvienne un jour, rappelait aussi l’Allemagne austère de la Guerre Froide, et je crois qu’il aimait beaucoup Caïn. Depuis que le jeune avait été recruté, il le surveillait de très près. Particulièrement quand ce dernier rispostait à son autorité, ce qui ne manquait jamais d’arriver. S’il y en avait un encore moins patient que moi, c’était bien cette tête brûlée et percée, mais j’avais mes raisons pour l’avoir amené ici - dont il n’était pas aux faits - ainsi que pour le garder près de moi.
A peine le jeune avait-il montré ses crocs et son aîné, son poing, que je relevai la tête vers la pénombre des arbres.

“ Relax’ les gars. Elles sont là. Caïn, à ton poste. “

Lui épargnant par la même occasion un bel oeil au beurre noir. Ce dernier maugréa, souffla, me fit ses yeux noirs et s’exécuta, grimpant dans un platane qui surplombait la clairière.
Lentement, je posai le journal à côté de moi et tirai de ma poche mon paquet d’Insignia. Le filtre entre les lèvres, j’allumais le bout avec la délicatesse d’une femme qui se remaquille pour attendre son aimé, et en un clac étouffai le bec du zippo, avant de le remettre contre ma poitrine.

Des voix et des rires de femmes, cristallins et légers, le plus beau refrain à mes oreilles, nous parvinrent bientôt. Distraitement, je tapotais du bout des doigts le haut de la stèle, l’autre main occupée dans son va-et-viens entre l’air et mes lèvres. A travers les troncs sombres, les sons se firent plus distincts. Le long du chemin de pierres mangées de mousse, je devinais l’une d’elle parée de talons hauts, d’étoffes lourdes et riches qui taquinaient la végétation et ma curiosité, l’autre m’était bien plus familière. Leurs silhouettes au front noble et haut ne tardèrent pas à se distinguer, et à leur tour, elles nous remarquèrent enfin.

“ Bonsoir Dana, t’es en retard. “

Mes salutations enrobées de fumée leur parvinrent calmement. Mais si c’était à ma Dana que je m’adressai, mon attention entière était portée à l’inconnue qui l’accompagnait. Élogieuse créature, que les sons et saveurs qui l’avaient précédée avaient justement annoncée. Elle avait la joliesse de ma soeur - en moins prononcée - mais les cheveux beaucoup plus longs, et le port beaucoup plus noble. Dans la pénombre, mes yeux moirés d’or luisaient d’une lueur étrange, où se noya une seconde l’embout rougeoyant de mon bâton de poison.
Tout en répondant au sourire qu’elle me décocha, dévoilant subrepticement la pointe de mes crocs, je me tournai cette fois vers l'inconnue, en soufflant paresseusement une énième latte.

“ Un nom, une raison. “



©Damian Black



Dernière édition par Damian Black le Lun 31 Juil - 22:42, édité 1 fois
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Elizabeth Rosenbach

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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Mar 18 Avr - 10:35


Hazardous Liaisons

Feat Damian Black & Lizzie
Il était temps. Elizabeth se tenait là, debout face à son miroir, fixée dans son propre reflet tel Narcisse face à une source d’eau claire. Pourtant il ne s’agissait pas d’amour, mais bien d’un profond malaise qui se lisait dans les traits de l’immortelle. Doucement, elle passa son regard tout autour d’elle. La chambre était vide de toute âme. C’était heureux. Personne ne pourrait de ce fait la voir de la sorte. Elizabeth Rosenbach, vampire de son état, femme fière et froide, sadique et si doucereuse, elle qui était connue pour son peu d’état d’âme, voilà qu’elle se retrouvait toujours aussi fragile face à ce miroir. Sa robe jaune semblait la faire revenir d’outre-tombe, accentuant l’émeraude de ses yeux et le blanc de sa peau. Dans un geste lent, Elizabeth passa sa main dans les cheveux roux qu’elle arborait fièrement chaque jour.
Il était temps. Pourtant, elle ne bougeait pas. Son regard toujours fixe, sa main alla attraper l’ombrelle, certes inutiles mais ô combien importante à ses yeux pour terminer la tenue. Elle était prête. Un long soupir brisa le silence de l’appartement. Sans autre bruit que le froissement de sa robe, Elizabeth quitta les lieux.

Le cimetière n’était certainement pas la porte à côté. Plus de dix minutes de conduite. Mais Lizzie se refusait, chaque mois, de prendre une voiture, préférant prendre le temps de respirer, de s’imprégner de ce jour ci spécial. Ainsi, chaque mois, c’était un peu moins d’une heure de marche que la rousse entreprenait dans le silence. Ses lourdes étoffes traînant derrière elle, ses cheveux virevoltant au rythme de ses pas, Elizabeth observait un pas serein malgré les regards insistants sur son passage. Il était vrai que rares étaient les « énergumènes » osant se promener avec de tels accoutrements, les années 1910 n’étant guère plus à la mode en 2030...
Enfin, le cimetière fut en vue. Grand et majestueux cimetière de Londres aux grilles aussi noires que la nuit. Lizzie sentit son cœur se nouer, comme à chaque fois qu’elle mettait les pieds dans cet endroit. Encore quelques pas et elle y serait enfin. Il ne lui resterait plus qu’à s’avancer entre les tombes, jusque l’allée nord, où elle pourrait enfin de recueillir sur la tombe de Louis. Les mains croisées devant elle, l’immortelle s’avança à travers les allées. Dieu qu’il faisait sombre, aussi sombre, surement, que l’était son esprit à cet instant. Mais, Elizabeth aurait pu, de toutes manières, s’y rendre les yeux fermés. Cela faisait aujourd’hui cent vingt ans. Cent vingt ans qu’il était mort. Pourtant, il paraissait à la femme que cela n’en faisait que cinq. Que le temps était une notion bien étrange pour les créatures de l’éternel.

Le pas aussi leste que son cœur était lourd, Elizabeth continua son avancée sûre et rapide entre les tombes, dans le silence le plus total. Ce fut son seul prénom qui la tira alors de ses rêveries morbides. S’arrêtant net, elle passa au crible les alentours. Seule la voix de quelques troubles paix d’humains pouvait s’entendre. La paranoïa devait ainsi sûrement la guetter. Soupirant de sa propre bêtise, elle reprit la route.

« Elizabeth ? »

La voix se fit cette fois bien plus forte. D’où diable venait-elle ? C’était une voix féminine, une voix bien connue... La mémoire d’un vampire avait beau être pleine de toutes sortes de choses, il semblait qu’elle ne désirait que très peu fonctionner dans les moments les plus importants. Par chance, pourtant, enfin, une silhouette se mêla à la voix qui l’appelait. Elancée, les cheveux rattachés en queue battant à la mesure de ses pas, des talons frappant le pavé à un rythme lent. Elizabeth soupira. Cela devenait une habitude de se faire surprendre de la sorte. A croire qu’elle surveillait ses moindres faits et gestes pour la surprendre.

« Danae. » Souffla-t-elle enfin.

Son – ancienne – amie arriva vers elle, le pas léger, presque dansant. Elle semblait flotter entre les tombes, errant comme un esprit à la recherche d’une proie. Et cette proie, ce fut Elizabeth. La femme s’arrêta à quelques pas seulement, son regard de glace plongé dans les yeux smaragdins de la rousse. Un geste de la tête suffit aux deux femmes pour se saluer.
A vrai dire, Elizabeth n’avait guère envie de bavasser sur un quelconque sujet. Son esprit et son âme était tous entiers dirigés vers son point de destination, ses pensées mêmes s’élevaient vers un paradis perdu où, l’espérait-elle, reposait l’âme des innocents après leur trépas. Pourtant, Danae ne semblait du même avis. Cette dernière, sans même demander autre avis pris alors Elizabeth par le bras. Surprise, la femme n’opposa de résistance que par un léger recul alors qu’elle approchait, se laissant emporter rapidement.

« Que fais-tu donc dans un lieu si lugubre ? » Questionna la brune.

Un temps de pause marqua la réflexion d’Elizabeth. Fallait-il réellement lui indiquer la raison de sa présence en ce lieu ? Ne serait-ce pas là marque de faiblesse face à une femme dont elle ignorait tout. Oui… Si elle connaissait Danae, il y a plus d’un siècle, était-ce le cas aujourd’hui ? Elle-même avait avoué avoir changé, avoir évolué. Comment donc faire confiance et se révéler à celle-ci ?
Le silence de l’immortelle dut paraitre bien trop long à la belle Danae. Cette dernière sembla faire la moue, une main sur la hanche et toisa Elizabeth.

« Je vais me recueillir non loin de là. Accepterais-tu de faire le chemin avec une vieille amie ? » Dit-elle alors plus doucement que son regard ne l’aurait fait imaginer.

Un regard interrogateur, et Elizabeth acquiesça. Il ne servait à rien de lutter et refuser une telle proposition, mis à part, sûrement, s’attirer quelques questions embarrassantes. Mieux encore, Danae l’entraînait dans la direction même du dernier repos de son amant. Ainsi ne serait-elle pas trop en retard pour l’heure de son recueillement.

Ensemble, les deux femmes avancèrent, discutant de leur parcours dans la vie, Elizabeth omettant bien des passages de la sienne et s’imaginant qu’il devait en être de même pour sa compagne. Danae eut même l’occasion de la faire sourire, et même d’entendre son rire doux s’élever par-delà le silence des tombes qui les entouraient.
Il est vrai que le lieu et le moment ne se prêtaient guère à l’exercice du rire, pourtant, il fallut à Elizabeth admettre que cela la détendait, la préparait au mieux à son exercice mensuel, bien plus, dans tous les cas, que la marche de son appartement jusqu’à cet endroit de silence et de recueillement.

De longues minutes, cette marche dura de longues minutes, durant lesquelles les deux compagnes se retrouvèrent seules, dans la pénombre et le bruit macabre du bruissement des arbres et des branches s‘entrechoquant au gré du vent. Elizabeth observait toute son attention être dirigée vers son amie, ne prenant plus le temps d’observer les alentours, ces alentours qu’elle connaissait si bien pour y être passée bien plus d’une fois. Pourtant, une lueur de conscience lui indiquait qu’il n’était pas normal d’être menée de la sorte par une femme, aussi amicale soit elle. C’est cette même lueur qui la faisait devenir plus attentive aux mouvements anormaux du cimetière.
Qu’est-ce que…
Danae s’était arrêtée. En face d’elles, quelques êtres obscurs les regardaient fixement.
Vampires.
Oui, c’en était, pas assez appétissant pour des humains, pas assez odorant pour des chiens. Bien que le stéréotype vampire n’ait demandé à ce que ces derniers doivent habiter dans des tombes, Elizabeth étouffa d’un léger juron en observant la brune.
Aucune inquiétude ne se ressentait sur son visage. Un traquenard. L’immortelle se sentait comme tombée dans un piège. Le regard grave, elle observa un à un chaque personne présente. A vrai dire, elle regrettait presque sa pensée quant à l’appétit que lui provoquaient ceux-ci. Certains étaient pour ainsi dire… Agréables à l’œil.

« Bonsoir Dana, t’es en retard. »

Elizabeth se tourna vers le locuteur, alors que Danae s’excusait de ce contretemps. Cheveux rouges, des yeux à tomber, assis sur une tombe, la main sur une stèle et un bâton de nicotine aux lèvres. Il n’en fallut pas plus pour jauger l’homme qu’elle avait en face de lui. Un petit numéro de cirque. Pourtant… Il ne s’agissait pas là d’un visage inconnu… Ce regard, cette crinière asymétrique… Le regard fixé sur la tige ardente, tout son être semblait captivé par le va et viens de l’aiguillon.
Non…
Un sourire malicieux éclaira son visage alors si grave. Si… Le regard posé sur le journal, l’immortelle fit la moue. Bien sûr…

La question, si tant est qu’il était possible d’appeler ça une question, amusa d’autant la rousse qui s’approcha d’un pas du grand méchant vampire.

« Damian Black… Ce profil… » Elle désigna de la main le journal. « …Ne vous fait pas honneur. La réalité d’un visage semble plus… Séduisant. Pour ce qui est de la raison… Je ne peux guère m’avancer sur les raisons qui vous poussent à venir ici. Bien que votre escorte et votre comité d’accueil m’indique subtilement que ma présence, à votre petite sauterie, était requise. »

La rousse s’avança encore, ses yeux émeraude fixés à l’or du vampire, elle ne s’arrêta qu’une fois arrivée à quelques pas de sa cible. Doucement, elle observa une légère révérence. Un si grand vampire se devait d’être respecté à sa juste valeur, après tout. Pour autant, elle se décida à taire son prénom. Après tout, cet homme s’était donné le mal de déplacer sa meute… La preuve était donc faite qu’il n’était pas là à la venvole. Restait à savoir ce que désirait réellement cet homme, ce qui ne manquait pas d'inquiéter, ou tout du moins, d'interroger Elizabeth.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Mer 10 Mai - 0:27


Hazardous Liaisons


Feat. Lizzie et Damian Black


Le ballet de l’ennui s’était soudain dissipé. Varnar avait renoncé à échanger de place pour la sixième fois, épargnant mon cerveau de plonger dans un tournis persistant, et Caïn avait dû s’assoupir dans son chêne, Mikhaïl n’ayant plus eu à esquiver un énième gland depuis quelques minutes maintenant. Et le vent tourna, apportant avec lui le bruit des pas et la senteur divine des femmes.
Pour des raisons que je n’expliquais pas, ou vaguement, ou en tout cas plus pour sauvegarder ma fierté que par profonde conviction, je n’avais pas quitté ma congénère des yeux. Sa silhouette semblait exercer sur le faible pécheur que j’étais une irrésistible attraction. Inconnue, mais familière, comme les riches anglaises de cette époque lointaine où les gens vivaient insouciants dans la fête perpétuelle, sans la peur du noir et des dangers qui y grouillaient, les femmes se promenaient seules ou au bras de gentlemen dans les rues, apprêtées comme des abat-jours. La rigueur de sa toilette me fit d’ailleurs gentiment sourire - ces gens qui ont le temps ! - même si je concédais que ça relevait le niveau de l’assemblée. Moi-même avais tenu à soigner mes atours pour cette prometteuse rencontre, passer une chemise neuve, polir mes santiags, redonner de la brillance à mon crin d’ocre, et m’assurer que l’odeur de mon dernier repas ne reste pas accroché à moi… Mais la barmaid avait dès son entrée donné le ton. Sans un mot, sans la moindre perturbation, elle soulignait la faute de goût d’intel et l’inélégance d’un autre du simple claquement de ses talons.
Elle était une belle congénère… Bon OK, la Nuit conférait à tous ses enfants une apparence séduisante de base, un atout non négligeable dans notre vie de prédateur, qui facilitait bien les choses et forgeait notre réputation, et celle-ci n’échappait pas à la règle. Mais même au sein des élus du Don Noir se distinguaient des êtres mieux lotis que d’autres. Pâle et froide, altière et digne, une infante née d’une époque que nous ne connaissions pas. Et comme elle s’approchait, ce ne fut bientôt plus que sa vue qui m’obnubila... Elle sentait bon, comme un jardin de roses noires, comme une forêt après une nuit de pluie, une odeur puissante et farouche qui fit courir un discret frisson sur ma nuque. Excitant. Terrifiant.

Ses premiers mots… me firent galamment sceller mes lèvres l’une à l’autre. Quel rustre je faisais, tant habitué à être reconnu par tous que j’exigeais qu’on se présentât sans même daigner la même politesse. J’eus un sourire flatté et pris sur le fait, en me calant un peu en arrière. Cela ne sembla pas offusquer l’ancestrale, peu de choses semblaient pouvoir l’offusquer, ni l’accueil qui lui était réservé, ni l’endroit où nous l’avions piégée. Peut-être avait-elle ressenti un échauffement à réaliser la trahison d’une amie, vite envolé cependant. Des trahisons, des pièges et des déceptions, nous en vivions quotidiennement au cours de notre longue vie, à force nous apprenions à les reconnaître, à les éviter ou à les confronter. Il était donc rare de tromper une infante telle que cette grande dame, et d’autant plus satisfaisant qu’elle se mit d’emblée sur ses gardes.
De son compliment, je ne gardais en mémoire que l’intérêt qu’elle avait porté à nos derniers mouvements, fait qui correspondait au récit que Dana m’avait servi à son sujet et qui nous avait conduits ici, à la croisée des chemins. La rencontre de deux êtres avait bien des manières de se conclure, mais pour elle j’avais déjà quelques anticipations que je n’avais pas voulu vicieuses, non.
C’était une menace ouverte, une attaque de front. Rien de pervers ou de subtil, rien du niveau qu’elle entendait investir. Un endroit sombre, une heure tardive, un traquenard qui pouvait n’être qu’une parenthèse dans la ville de Londres - des enfants, après tout, disparaissaient tous les jours.


D’un bond, je quittai mon piédestal, glissant fluidement de la stèle de marbre maintes fois creusées par les larmes d’argent versées pour l’occupante, larmes que l’ont ne trouvaient plus aujourd’hui que dans les beaux yeux tissés d’amour que posait sur moi ma Dana. Je passai juste à côté de notre hôte comme un courant d’air, faisant danser ses longs cheveux roux du vent que mon passage déplaça. Mon index s’enroula alors dans une mèche de cheveux, plus foncés, violets, tirant une boucle jusqu’à ce qu’elle se déroule d’elle-même et retombe sur une épaule voûtée de remords. Me servir était souvent ce que ça impliquait, mais les enjeux étaient trop grands pour laisser les sentiments personnels s’immiscer, Dana le savait. Plus que tout autre.

Les mots surfaits entre nous pour lui exprimer tout ce que je pensais, ma gratitude, ma compassion, ma jubilation, je me contenta de sourire à son air contrarié, et délicatement, les mains de part et d’autre de son visage je posai avec tendresse mes lèvres sur les siennes. Dana était de loin la personne qui me connaissait le mieux, elle savait sur moi des choses qui me surprendraient si je les entendais, elle avait été la confidente de mes secrets les mieux gardés, sans doute embellis, déformés ou oubliés, ma mémoire était aussi légendaire pour sa défaillance que la météo de Londres, et à l’instar je savais sur elle des choses que personne ne savait, une histoire comme on aimerait ne jamais en entendre, qu’elle avait soigneusement caché de tous pour me la livrer sur un oreiller alourdi de larmes. C’est qu’elle était une sensible, ma Dana, derrière son masque intransigeant, et je savais qu’elle souffrirait cruellement du courroux de celle qui l’avait faite.

En la lâchant pour me retourner vers Elizabeth Rosenbach, je constatai d’un regard au-dessus de sa tête rousse la disparition du gros chat dans l’arbre, cet insolent de Caïn qui n’avait pas dû attendre qu’on le repère pour s’éclipser, et la corrélation avec notre amie me tira un sourire discret. Son moment viendrait, pour l’heure tout se passait comme prévu, et des excuses s’imposaient.  

Requise, attendue, espérée même… “ Chantonnais-je en paradant dans la clairière pour retourner près de la stèle de Martha, et y poser une main respectueuse. D’un regard pour l’assemblée des miens, je les désignais avant de reporter sur moi l’attention de l’ancestrale. “ Excusez cette invitation quelque peu… cavalière. “ Dis-je en m’inclinant face à elle, une main sur le coeur. “ Dana nous a tellement parlé de vous que nous avions tous hâte de vous rencontrer. “ Quelques rires d’approbations s’éveillèrent dans les rangs de mes enfants. Je me redressai, marquant une pause où ses yeux sanguins d’une colère contenue me captivèrent plus que de raison. “ Là là, ne lui en voulez pas… “ Repris-je d’un calme doucereux que mes enfants avaient appris à craindre. “ Elle a bien suivi vos enseignements, sa loyauté pour sa famille est tout ce qui importe, elle prend soin de nous autant que nous prenons soin d’elle. Vous-même n’avez rien à craindre tant que vous ne menacez pas les intérêts de la famille, et vous ne menacez pas les intérêts de la famille, n’est-ce pas, Mademoiselle Rosenbach... où m'autorisez-vous à vous appeler Lizzie ? “ Je laissai à peine le temps de réponse, juste assez pour que son corps le fasse bien avant ses lèvres contraintes par le délai de la pensée. C’était l’avantage d’avoir tout orchestré, bien que l’euphorie de sa présence donnât à mon verbe une subtilité lyrique que je n’avais qu’en solitaire, dans mes écrits. “ Rien de plus, rien de moins que la curiosité poussa vers vous mes pas ce soir, et vous étiez de passage je crois ? “ Tout en me hissant de nouveau sur la stèle, j’indiquai d’une main la sortie de la clairière. “ Nul obstacle ne vous empêchera cette fois d’atteindre votre but, si vous n’avez pas matière à interférer avec les Sanguinaires, be my guest…  Mes salutations à votre cher et tendre. “ Avais-je osé, d’une voix plus chaude, intime, que je réservais à mes rares proches et d’où perçait une honnêteté que je me connaissais trop peu. Dana leva vers moi un regard interrogatif, car de sa bouche, nulle mention d’un amant perdu n’avait jamais filtré. C’était une intuition que je mettais sur le tableau de la chance, un habit trop de fois repassé, un chemin trop parfaitement connu, un empressement qui ne pouvait être que le fait d’un corps en mouvement. Elle le niera, car il convenait de le nier, et cette femme était construite de convenances.



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Elizabeth Rosenbach

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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Mer 10 Mai - 9:15


Hazardous Liaisons

Feat Damian Black & Lizzie
Son regard froid posé sur l’organisateur de cette petite sauterie, Elizabeth pu rapidement comprendre ce qui avait entraîné cet escobar à la trahir de la sorte. Ainsi Danae, douce Danae, était-elle tombée entre les griffes de velours de cet homme… Quelle facétie pour une femme telle qu’elle.
L’homme en question, cependant, semblait avoir bien des manières pour faire tomber ceux qui l’entouraient. En témoignait son entourage, ses quelques bras droits, sûrement. A moins que ce ne soit là toute sa petite meute, car c’est bien là de quoi il s’agissait, un troupeau de chiots prêt à se battre pour protéger leur alpha.
Non… Il s’agissait plutôt d’un troupeau d’hyènes. C’était, en tout cas, ce que lui indiquait leur rire gras et sans trop d’élégance qui s’élevait par-delà le silence. Une troupe d'hyène dont le seul intérêt et le seul lien se trouvait être leur alpha. Éliminez-le et le reste suivra.
Pourquoi pas après tout…
Il aurait été si facile de mettre un terme à la vie de cet homme si recherché à travers la ville. Apporter sa tête, plantée sur un pic, à certains clans lui aurait sûrement valu bien plus que de la reconnaissance. Mais avec ses chiens de gardes autour…
Dans un geste lent, acerbe et sévère, Elizabeth se tourna vers son amie. Elle la toisa alors, lui intimant implicitement qu’une telle bassesse ne saurait rester impunie. Quelques questions, cependant, devrait être soulevée avant cela. L’une, en particulier, taraudait la rousse : que savait-il d’elle ? Que lui avait raconté Danae ?
Ho. Non. Rien de tout cela ne l’étonnait guère. Sa création, le produit de son propre sang, avait laissé planer bien trop de mystères lors de leur retrouvaille ; et ces mystères commençaient doucement à se lever.

« Là là, ne lui en voulez pas… »

Son regard se porta à nouveau sur le Maître de Cérémonie. Impassible, elle ne prononça mot. Après tout, il ne tenait qu’à lui d’alléger la punition de son ilote. Et... Si le tuer n’était pas une solution acceptable, peut-être la réponse se trouvait-elle dans des accommodations réciproques plus douces. Aussi, l’immortelle acquiesça légèrement, d’un regard aussi doux que cauteleux. Lizzie était une femme méfiante. Rare était ceux à qui elle se confiait. Et preuve était que même les amitiés de longue date pouvait se révéler être corrompue par le charme du regard d’un autre.
Néanmoins, Elizabeth pu comprendre et admettre rapidement l’attirance qu’avait pu ressentir la jeune Danae face à cet homme, quel que soit son âge, âge qu’il lui faudrait rapidement découvrir. Elle même, malgré toute son expérience avec des charmeurs du même acabit, semblait captivée, tant par la voix de l’homme que par sa manière d’être.
Lizzie…
Au moins lui avait-elle indiqué la manière plus familière, plus singulière de l’appeler. Un léger sourire amusé étira ses lèvres alors qu’il ne lui laissait pas quelques instants pour répondre. A quoi bon, cependant, répondre à une question rhétorique. Il semblait être homme à qui rien ne pouvait résister, provoquant, de fait, la curiosité et l’intérêt de la dame. Il y a bien longtemps qu’elle n’avait pu jouer de la sorte…

La suite du discours intrigua d’autant la rousse. Les envolées lyriques avait toujours été l’une de ses faiblesses. Telle une héroïne sortie droit de ses romans, Elizabeth ne savait – ne voulait – résister aux poètes et à leur âme torturée.
Suivant le dramaturge de cette scène des yeux, elle osa un rire cristallin à sa dernière réplique. Dramaturge et acteur. Un mélange parfait de comédie et de drame dans une même phrase.
Plus souriante que d’emblée, bien que toujours aussi méfiante, l’immortelle prit l’un des pans de sa robe de la main gauche, la soulevant légèrement afin de lui permettre une marche plus aisée, et s’avança vers le dit acteur.

« Nul cher et tendre ne mérite vos salutations », Répondit-elle à mi-voix. « Quant à mon but… »

Elle sembla quelque peu perplexe. Son but était fixe. Il en avait toujours été de la sorte depuis cent vingt années, dès qu’elle revenait à Londres. Pouvait-on ainsi faire changer une telle tradition ? La vampire jeta un coup d’œil en direction de la tombe de son ami. Les morts pouvaient bien attendre… Louis lui pardonnerait certainement ce léger contretemps.

« Mon égo est flatté de me savoir tant espérée. » Reprit-elle alors en avançant doucement vers son nouveau but. « Vos belles paroles et vos manières de gentleman doivent retenir bien des femmes à l’oreille attentive. » Un sourire narquois fixé à ses lèvres, le regard aussi amusé que charmé de cette présence, l’immortelle continuait d’avancer, observant une pause à chacune de ses phrases. Assez longue pour laisser le temps au Sanguinaire de réfléchir, pas assez pour lui laisser le temps de parler. Après tout, ne voulait-il pas jouer ? « Ainsi je ne pense pas avoir besoin de me présenter puisque vous semblez tout savoir de moi. Pour autant… ». Doucement, elle déposa sa main libre sur la stèle et leva les yeux vers Don Juan. Une odeur de cigarette s’échappait de ses vêtements. Une odeur qui lui rappelait bien des hommes ayant traversé sa vie. « Que me vaut l’honneur de cette rencontre ? Que désirez-vous donc de moi, Saigneur », reprit-elle de la manière la plus enjôleuse qu’elle puisse connaître.

Quittant le charmeur des yeux, elle déplaça son regard parmi l’assemblée, un sourire narquois aux lèvres.

« Auriez-vous eu peur d’une quelconque rébellion de ma part ? » Provocante, Elizabeth semblait vouloir l’être envers celui qui lui avait tendu ce guêpier, car Dieu seul savait qu’elle ne se rendrait jamais sans se battre, sans lui résister. « Ou est-ce là l’illustration d’une quelconque lâcheté en votre sein ? ». Railleuse, elle leva à nouveau les yeux vers Damian. « Avez-vous peur d’une femme seule à ce point, Damian... Vous me permettez de vous appeler Damian, n’est-ce pas ? » Sa main se porta vers celle de son interlocuteur. « Il serait malheureux que nous n’observions qu’animosité entre nous. » Continua la rousse sans même lui laisse le temps de desceller les lèvres.

Le contact physique fut établi. La peau froide et dure de l’homme qu’elle avait en face d’elle la fit légèrement frissonner. Pourtant, c’est rapidement que Lizzie mit un terme à cette proximité. Seul comptait pour elle le premier contact. Il était en effet d’une croyance populaire qu’un geste, une caresse, tel un regard, valait plus de mille mots, laissant entendre et sous-entendre bon nombre de faits que la parole ne pouvait traduire. Ainsi voulait-elle lui laisser croire ce qu’il désirait, car elle s’éloigna de sa proie, rejoignant ses sous-fifres, sa meute de hyène.
Rapidement, elle tourna la tête vers l’abandonné.

« Que diriez-vous d’une marche… Vous pourriez envoyer vos… Amis… se dégourdir les pattes, et je suis certaine que Danae ne nous en voudra pas... »

Calmement, presque tendrement, elle tendit sa main vers l’homme au regard d’or. S’il voulait quoique ce soit, il allait devoir céder du terrain, et cela commençait par son clan. L’abandonner, même pour quelque pas, semblait déjà un point essentiel pour l’immortelle.






Dernière édition par Elizabeth Rosenbach le Jeu 11 Mai - 3:12, édité 1 fois
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Damian Black

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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Mer 10 Mai - 23:21


Hazardous Liaisons


Feat. Lizzie et Damian Black


J’avais toujours eu un fin sens théâtrale. J’aimais poser l’ambiance, l’art de la mise en scène et du mot juste était en moi comme celui de fumer ou de tuer. Quand je ne faisais pas l’un, l’autre prenait souvent le pas, songeais-je sur un sourire dont moi seul put définir le sens en posant le filtre mort de mon Insignia sur la stèle de Martha, juste à côté d’un autre qui s’était consumé seul, au gré du vent, mon offrande pour cette vertueuse femme chère au coeur de ma Dana.

La dame s’avança vers moi, proche, un peu trop au goût de certains. Chaque être avait pour soi ce que l’on appelait sa bulle ou son espace vital, plus ou moins grand selon les tolérances, qui permettait de jauger un état de danger. Il faut croire que je ne devais pas être comme chaque être. Sa proximité, loin de m’ennuyer, créa chez moi un inattendu besoin, presqu’une pulsion innée, celle de ne plus la laisser s’éloigner. Instincts de chasseur, certains diront, mais dans le cas présent qui était la proie ?
Comme elle s’accrochait à mes lèvres - figurativement - pour une réponse, je ne résistai pas au plaisir de lui céder, plongeant mes yeux calmes dans les siens que la couleur du feu avait quelque peu désertés.

“ Tout ? Sait-on jamais tout d’une personne. Mais je l’avoue, je vous testais. “ Bon joueur, je m’inclinai sur ma défaite. “ Quant à l’honneur, bien qu’il soit tout partagé cela pourrait bien changer si vous me remettez sans cesse en question. “ Je n’avais pas élevé le ton. Pas perceptiblement pour ceux qui ne me connaissaient pas du moins. N’avais-je pas souligné que sa présence ici avait été du simple caprice de ma curiosité ? Je chassais ce début de mésentente d’un geste las vers le ciel, et l’assemblée se décrispa.

Une belle soirée, une bonne clope et une belle femme me rendaient indolent. Dana comparait souvent mes yeux à des rivières d’or liquide dans ces moments, elle disait que je paraissais plus jeune, plus accessible aussi. Et j’en jouais, comme un gamin mignon sait quel pouvoir d’attraction il a sur les autres, et mime l’ange pour arracher le lait du sein. Une belle soirée, une bonne clope et cette belle femme méritaient bien la suspension du temps, le temps d’une nuit ou le temps d’une vie, tout dépendant de l’issue de cette rencontre.
A son regard sur mes enfants, le mépris de la donzelle devint flagrant. Insultant, aurais-je dit en d’autres moments, et pour d’autres qu’elle. La servitude semblait créer chez elle une terreur vibrante que tout son être rejetait, repoussait, alors même qu’elle n’y était pas soumise. Sourde colère qui émanait d’un sourire de dédain, de gestes malencontreux que seuls ceux qui savent observer observent, et du fielleux grain de voix qui teignit ses gentilles provocations.

Étonné, fut ce qui qualifierait le mieux ma réaction à ses propos. J’arquai un sourcil roux et perplexe. Elle, entre tous...

“ ‘A ce point’ ? “ Repris-je avec des pincettes, un sourire ourlant mes lèvres. “ Comme si craindre les femmes seules n’était pas la chose la plus rationnelle du monde. Les femmes seules ont de tout temps terrifié les hommes. Fortes, indépendantes, intelligentes, un élixir d’insécurité pour l’égo des mâles qui s’aperçoivent soudain que vous n’avez pas besoin de nous. “ Je dirigeai une main vers le plus bel exemple que nous avions sous les yeux. Cette tirade me fit partager avec notre hôte un sourire que peu de mes enfants mâles adoptèrent. Je soupirai. “ Certaines choses mettent du temps à changer, mais vous ne serez pas celle qui me reprochera ma prudence à votre égard, Lizzie. Une femme seule ayant traversé les âges et affrontant aujourd’hui les pièges épineux de Londres en hauts talons, c’est à se demander si demain la tête de Damian Black ne roulera pas sous les pans d’une robe de velours. “ Dis-je d’un ton charmeur, ne relevant le double-sens que d’une lippe narquoise en saisissant la main mutine avant qu’elle ne s’échappe, pour venir y déposer un galant baiser. Ce premier contact fut aussitôt rompu, évitant la suspicion d’un rapprochement trop brusque et trop long. Les convenances, toujours les convenances.

La regarder s’éloigner fut alors le supplice de la soirée. Mes instincts grondant en moi, m’intimant de la suivre quand le goût du tableau bien fait me clouait au marbre de la stèle. Je me contentai de l’observer se jouer de moi, lui laissait un peu plus de corde car ne le méritait-elle pas ? L’affront du traquenard lui valait bien qu’elle saisisse la moindre opportunité pour se relever, je la comprenais. Son invitation étira un froid mémorable à travers la clairière, mémorable par tant de choses qui s’y passèrent, en moins d’une fraction de secondes. Le soulagement de Danaë, l’excitation de Mikhaïl, le malaise de Varnar, et tous ceux à qui j’avais promis la chasse de leur vie, eux qui depuis des mois ne plantaient leurs crocs que dans du fretin de récupération, tremblèrent d’anticipation dans l’attente de ma réponse. C’est que cette opportunité de rencontre n’était pas uniquement le fruit d’une seule femme. Les nuits sans lune où les loups dorment étaient une aubaine pour un bain de minuit, le cimetière connu de tous pour son ambiance particulière en ces soirs de grand noir attirait, et pour notre plus grand plaisir, des proies s’étaient rendues elles-mêmes sur notre terrain de chasse préféré. Si tôt après notre attaque, en dépit du couvre-feu instauré par la brigade des salopards, des humains à l’instinct de survie plus bas que les autres avaient cru bon d’élever mon existence au rang de mythe. J’avais même entendu que certains me vénéraient, dressaient des autels à mon effigie pour prier que je les libère, que je les prenne dans mes rangs et ensemble, nous sauverions la ville des mains du système. Le système, cet ennemi invisible que les puissants protègent et que la base soutient malgré elle. Le système craint la liberté, et c’était la liberté que je venais offrir à cette base. Quand le système est menacé, le système met en place des stratagèmes de défense, brimant encore plus les libertés de ce qui le soutient… Saugrenus humains, la pensée me fit rire silencieusement, accepter de vivre écrasé par la masse, ils s’inventaient des occasions de rire, des leurres qui leur donnaient l’illusion de sortir de leur condition. L’art, la philosophie… Ne comprenant pas que le véritable art consistait à transcender, à fracasser les lignes de l’existence même pour les remodeler à sa manière. Mais leur affront méritait bien le châtiment que nous leur réservions. Mes crocs vinrent titiller l’ourlet tendre de mes lèvres, comme je penchais la tête en arrière pour m’offrir aux astres. Après tout, ne voulaient-ils pas servir de force à notre armée ? Ce qu’ils avaient à nous offrir pour faire bouger les lignes, c’était leur vie.

Lentement, je tournai la tête vers Dana. Je savais qu’elle rechignerait à laisser son Diamant Noir partir seul aux mains d’une autre, que tournerait dans sa tête l’image de ma carcasse désossée jusqu’à ce que je revienne dans ses jupons, mais elle était ébranlée, et je la voulais rapidement opérationnelle.
Je descendis à nouveau de ma stèle pour me mêler aux miens, apostrophant une épaule solide d’une accolade fraternelle, et échangeant quelques mots. Suite à son acquiescement, je revins vers ma nouvelle compagne de promenade, et d’un air faussement inquiet, lui dis-je d’une voix similaire.

“ Vous n’avez pas l’intention de me violer dans un coin sombre de la forêt, n’est-ce pas ? Je vous préviens, je crie fort. “ Par galanterie, car j’avais appris à me tenir en société, et aussi parce que le chemin que nous empruntions maintenant ne contenait pas de dalle, et serait beaucoup moins praticable pour des délicats pieds de femme, je lui tendis mon bras. “ Accompagnons mes… ‘amis’ sur quelques pas, voulez-vous ? Vous les aurez peut-être en meilleure estime si vous apprenez à les connaître. “ Il n’y avait rien, dans mon ton ou mon attitude qui laissait penser à une autre entourloupe, et quel besoin en aurais-je eu alors qu’elle avait été à ma merci dans cette clairière protégée des regards indiscrets ? C’est sans doute cette conviction que si mauvaises intentions il y avait, elle en aurait déjà fait les frais qui la conduisit à accepter ce début de promenade en compagnie des miens, Dana restant en arrière pour s’occuper des disparus du passé.

A vitesse vampirique, nous traversâmes rapidement les entrailles du bois sombre, pour arriver à l’orée d’un endroit du cimetière plus dégagé. Là, je me tapis derrière un fourré en compagnie de mon hôte que je n’avais pas quitté. Elle ne s’était peut-être pas rendu compte que son cou avait été plus d’une fois regardé, et que ma présence persuadait d’autres moins galants de dévier leurs envies ailleurs. Paradoxalement, j’étais devenu son protecteur. Mais en avais-je conscience ? Mes enfants n’étaient pas connus pour leurs désirs simples, et leur goût de l’attente. Inassouvis, ils étaient comme nous tous, personne ne pouvait se vanter d’avoir un contrôle total sur soi, notre corps nous trahissait bien souvent, et savait précisément ce dont nous avions besoin. Lizzie perdit rapidement le centre de l’attention.

Ils étaient là, les mêmes que plus tôt dans la soirée, peut-être un peu plus nombreux. Vêtus de sombre autour d’un feu de camp, les jeux d’alcool avaient remplacé la planche à Ouija mais la même ferveur habitait les humains présents pour les spectres qui les entouraient. Le véritable danger, lui, ils ne s’en souciaient guère. Un message, oui, c’était un message à ceux qui avaient vécu trop longtemps dans la jouissance de la paix. Ou peut-être un prétexte à cette chasse on ne peut plus nécessaire. Pas tous finiraient morts, les plus chanceux seulement. Kayla qui avait le plus de tchatche et le profil type des jeunes désoeuvrés dans leur genre s’approcha. En moins d’une minute, elle se fit accepter auprès d’eux, recevant une pinte et même un surnom. J’étais toujours fasciné par les gens doués avec les gens, la facilité avec laquelle elle glissait une main froide sur la nuque d’un inconnu sans même le faire frémir. Les vapeurs de vodka aidant sûrement, elle passait d’inconnue à amie, d’amie à monstre en un rien de temps. Sa première victime n’eut pas à crier, et l’assemblée mit quelques secondes à réaliser ce qui se passait. Kayla avait autant de douceur que la poigne d’une Iron Maiden, les os de la nuque craquèrent, le sang gicla, nous pûmes voir à distance le plaisir teinter ses lèvres et ses yeux qui se renversèrent. C’est alors que le rideau se leva, l’orchestre démarra en trombe, des cris, des valses de verres et de métal, la planche à ouija qui se retourne par terre. Courageux mais pas téméraire, tous fuirent dans toutes les directions, étourdis par le labyrinthe qu’était le cimetière et l’houblon qui coulait dans leurs veines imbibées. Par goût du jeu, plusieurs des miens laissèrent quelques secondes ou minutes s’écouler, le temps qu’ils prennent de l’avance, les plus jeunes n’avaient pas le luxe de pouvoir y résister. Varnar qui nous avait suivi jusqu’ici croisa les bras, désapprouvant le carnage qui s’annonçait, mais qui pouvait reprocher quoi que ce soit à Varnar quand il tournait vers nous son visage accablé. Il était de loin le plus sage d’entre nous.

“ Rappelle-leur l’heure de temps en temps. “ Lui fis-je avec un sourire compatissant qui sembla lui redonner des couleurs.

“ Et si nous allions la faire, cette marche ? “ Ajoutai-je alors en me tournant vers celle qui m’accompagnait, maintenant que l’attention des miens était suffisamment détournée de moi pour que nous retrouvions un peu d’intimité. Sans trop savoir où j’allais, car je ne connaissais de cet immense lieu que ce que j’en avais visité, une infime partie boisée, j’entraînai ma belle sur une voie claire, proprement dallée, lisse, ouverte, la métaphore d’un futur où tout pouvait encore se jouer, où des liaisons, si dangereuses soient-elles, pouvaient se nouer.



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Elizabeth Rosenbach

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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Jeu 11 Mai - 5:47


Hazardous Liaisons

Feat Damian Black & Lizzie
Un sourire se figea sur son visage, tant amusé que fasciné par cet homme aux paroles si douces. Ho, elle avait connu bien des hommes depuis sa naissance dans l’Ombre, mais rares étaient ceux dont les mots résonnaient dans un son aussi charmant.

« Je ne reprocherais en rien un élan de prudence. Il est preuve d’intelligence et de réserve, qualité que tout grand homme se doit de posséder. » Répondit-elle alors que les lèvres dudit grand homme se déposaient, chevaleresque, sur sa peau blanche ; provoquant un nouveau tressaillement chez elle. « Soyez sans crainte… » Continua-t-elle à mi-voix. « Demain est encore loin, votre tête a bien encore une longue nuit devant elle… »


S’échappant d’entre ses griffes de velours, Elizabeth eut, lors d’un court instant, l’impression que le piège ne cessait de se refermer autour d’elle. Impression sûrement due aux échanges silencieux qu’eut le Sanguinaire avec… Son bêta ? Impression bien vite oubliée alors qu’elle prit le bras offert poliment. Depuis sa jeune enfance, les règles avaient toujours été les mêmes : Ne jamais refuser l’aide d’un homme galant au risque de le vexer. Or, la dame se refusait à offusquer celui-ci. Néanmoins, tous les protocoles du monde valaient bien quelques lutineries… Ainsi releva-t-elle le visage vers le Vampire, le regard perdu entre la malice et un désir qui se voulait masquer.

« Auquel cas, vos cris n’appelleraient pas à réaction... » Répondit-elle simplement en soutenant le regard de son compagnon. « Je serais cependant ravie de pouvoir apprendre à les connaître… ». Appuyant cette affirmation qui se voulait sans arrière-pensée, Elizabeth hocha légèrement la tête.
Un regard vers Danaë, un léger sourire de satisfaction aux lèvres, elle se laissa conduire. Le goût du traquenard était âpre, difficile à avaler. Mais elle n’avait été que le beau pantin de ce marionnettiste talentueux. Mieux, peut-être même lui avait-elle servis ce dit, son homme sur un plateau d’argent. A moins que cela ne soit l’inverse. Dieu seul savait ce que leur réservait le hasard.

Le fourré qui accueillit la troupe intrigua quelque peu la femme. Que voulait-il donc ? Un regard vers la pénombre lui fit comprendre ses intentions et la malfaisance de ses pensées vint doucement ourler sa bouche alors que l’une des femmes accompagnatrice s’avançait vers le groupe. Elle semblait sûre d’elle, parfaite pour ce type de personnes. Ces personnes, sans grand avenir dans la société car qui pouvait se targuer d’avoir un avenir lorsqu’il se retrouvait à invoquer quelques esprits malins ? Leur départ de cette terre ne serait qu’un pas de plus vers la libération du monde de sa bêtise. Un petit pas face aux milliers à faire, mais un pas. D’autant que le lieu se prêtait magnifiquement à l’exercice, leurs obsèques pourraient ainsi se faire sur le lieu même de leur exécution, une chance pour eux comme pour leur famille. Frais et déplacement seraient cela de moins à compter.
L’envolée de  moineaux qui suivit la première attaque fit doucement rire l’immortelle qui observa attentivement le petit jeu des vampires. Dieu que les plus jeunes semblaient impatients, cela en devenait presque risible tant leur gestes semblaient saccadés alors qu’ils se ruaient sur leur souper… Néanmoins, c’était là leur raison de vivre, après tout. Si les plus âgés, les plus riches en expérience, pouvaient se permettre quelques facéties, laissant ainsi courir leur proie, affolées, faisant de fait fructifier leur effroi ; les plus jeunes, plus fragiles, se contentaient des quelques bouts de peur qui émanaient des jeunes gens. Il en allait ainsi du système et de leur nature. Et c’est avec force et acharnement que les plus jeunes, un jour, pourraient arriver au niveau de leurs aînés. Elizabeth ne le savait que trop bien. Elle, comme tous les autres, avait été jeune. Elle connaissait la soif irrépressible qu’ils pouvaient ressentir à la moindre goutte de sang. Un instant, d’ailleurs, elle pensa à son jeune protégé ; se demandant un instant dans quel bourbier Caïn avait pu se mettre aujourd’hui, car n’était-ce pas là son habitude ?
Rapidement, pourtant, la voix de son confrère la sortit de ses pensées. Marcher. Bien sûr, ils étaient là pour cela. Il lui sembla même que les adolescents adeptes des films d’horreur lui avaient servi à occuper ses troupes, lui permettant donc de s’échapper quelques instants. Sa meute d’hyènes se transformait alors en meute de dobermans refusant de quitter leur maître… Une image déjà plus flatteuse, il va s’en dire, quoi que toujours dédaigneuse de la part de la rousse.

Nonobstant, ce fut un regard bienveillant qui se posa sur celui qui était maintenant tout à elle. « Avec plaisir. » Répondit-elle doucement.

Accompagnés des cris de terreur derrière eux, Lizzie se laissa entraîner par le vampire à travers ce cimetière qu’elle connaissait tant. Il voulait guider ? Soit, elle se laisserait guider.
Les mains croisées devant elle, le regard levé vers cette nuit noire de lune, accompagnée par un homme aussi charmant que puissant. Tout portait à croire que cette nuit était magique. Il ne manquait qu’un bouquet de roses pour que la toile ne fût parfaite. L’affect de l’immortelle prit à cet instant précis le pas sur son intellect, son romantisme noir lui jouerait un jour des tours, mais ce tableau ce prêtait si bien à son exercice…

Forçant son esprit à sortir de ses pensées, enfin, prit-elle la parole. Seule, elle paraissait plus aimable, douce, presque tendre. « Cher ami, laissez-moi seulement vous répéter combien je suis flattée que votre curiosité à mon égard vous ait poussé à vous exposer, vous qui êtes tant recherché à travers la ville. » Ses yeux émeraude se posèrent sur l’homme, alors qu’elle arrêtait dans sa marche. « Je suis, par ailleurs, enchantée de pouvoir faire la connaissance de l’homme ayant frappé la Brigade en plein cœur. » Ne portant certainement pas ces empêcheurs de vivre dans son cœur, il était clair, aussi bien dans le ton de sa voix que dans ses gestes qu’Elizabeth était sincère quant à ce plaisir.

Dans un geste fluide, la jeune dame, bien que le mot jeune ne puisse être affilié qu’à son aspect, s’assit gracieusement sur l’une des tombes. Un coup d’œil rapide lui indiqua qu’il s’agissait d’un couple, décédé le même jour. Histoire d’amour que la mort ne peut séparer ou tragique accident ? La question méritait d’être posée, quoiqu’elle ne restât sans réponse.

« Danaë ayant largement omis de me faire part de la présence d’un tel homme à ses côtés, permettez-moi d’être quelque peu surprise. » Ajouta-t-elle. « Quoiqu’elle a toujours été prompt à savoir s’entourer… » La flatterie, douce flatterie qui se devait d’être toujours dosée pour ne pas effrayer. Elle était là son arme de jeu, chose qu’elle comptait parfaitement utiliser, tant par éducation – flatter les hommes était l’une des obligations d’une bonne épouse dans l’ancienne époque – que par pure provocation.

Suavement, la femme se releva et se dirigea vers son vampire. Les convenances étaient ce qu’elles étaient, l’ambition était bien autre chose et se devait d’être assouvie, même s’il lui fallait pour cela passer outre le protocole.
Doucement, Elizabeth posa une main délicate sur le bras de son compagnon. Nul besoin de briser trop farouchement son éducation par un geste déplacé. Seule comptait alors la proximité.

« Puis-je me permettre de vous demander si votre curiosité est assouvie ? » S’enquit-elle dans un voix tentatrice.

Lizzie aimait jouer avec le feu. Depuis fort longtemps, déjà, elle avait appris de ses forces et de ses faiblesses. Elle se savait enjôleuse et nombre d’hommes étaient tombés pour ses beaux yeux. Pour autant, il ne s’agissait pas là de faire tomber cet homme, quoique cela lui ait été plus qu’agréable. Non. Cet homme avait ce qu’elle recherchait. Son nom gravé en lettre d’encre sur le journal brillait encore au fond d’elle-même. Il était la terreur de Londres.




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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Lun 12 Juin - 11:51


Hazardous Liaisons


Feat. Lizzie et Damian Black


… et dans les silences du prieuré, viennent les pleurs des endeuillés. On a tous sa place chez l’bon dieu, faut l’oublier pour être heureux… Un air nostalgique m’était revenu. Autrefois graveuleusement vomi de la bouche ulcérée de mon paternel, il remplaça rapidement la cacophonie des drames laissée en arrière-plan par les miens, pour se joindre au claquement serein des talons de la belle. L’ayant abandonné sur la voie pavée pour virevolter entre les tombes, je la saisissais de temps à autre d’un regard avant d’accorder ce même respect aux quelques mausolées que nous croisions. Malgré le manque de foi des générations nouvelles, personne ne pouvait nier que se promener la nuit dans un cimetière conservait toujours une part mystique. Je pouvais ressentir ici le flot des forces et des énergies déplacées par les allants et venants dans cette dimension où le monde des morts tutoyait celui des vivants, c’était plus vivifiant que l’air pollué de la ville, où se ruminaient toujours les mêmes rengaines. Ombre et lumière masquaient et révélaient nos visages l’un à l’autre, tantôt indifférents, tantôt se cherchant avec une véhémence proche de l’indécence. A travers la fenêtre d’une croix de Jérusalem, je perçu en un clignement l’incarnation d’une oeuvre d’art : le vert de sa robe s’harmonisait avec joliesse aux couleurs végétales des bois environnants et le perçant de ses yeux m’accompagna jusqu’à la prochaine tombe.
Le reste des paroles qui m’échappait à ce moment, n’eut cependant pas le temps de me contrarier car déjà la noble impie chassait l’intrusion du silence au profit de ses louanges. Je fermai les yeux, laissant sa voix me guider à travers le coin isolé du jardin où, imperceptiblement, elle me menait, jusqu’à ce que paroles et claquements de botte s’arrêtent.

“ Voilà le coin sombre… “

Murmurai-je sur une lippe amusée destinée qu’à moi-même. J’entendis néanmoins un rire cristallin me répondre.
Peut-être était-ce le lieu, la noblesse de ma congénère, ou ma fallacieuse imagination, mais je ne pouvais m’empêcher de repenser à la dernière fois que je m’étais retrouvé seul avec un congénère de deux fois mon âge. L’équation était gagnée d’avance, et pourtant... nous avions failli y rester tous les deux. Ma balle piégée avait loupé de peu sa carotide et son pieu s’était planté juste sous mon coeur - j’en avais encore la marque. Aussi agaçant que ça pouvait être de le noter, je devais concéder que Vacaresco, qui avait été un combattant hors pair du temps où nous luttions côte à côte dans l’armée de notre Père vénéré, s’était embourbé. Des années de paix, des repas gras et apportés tous cuits dans le bec, avaient fini d’alourdir ses réflexes. Vingt années en arrière et il ne l’aurait pas loupé, mon coeur… ça avait eu quelque chose de décevant, même si l’important avait été de sauver Klaus de ses griffes. J’étais peiné de voir que certains vampires délaissaient leurs instincts, allaient s’abreuver dans de sordides repères où le divin nectar se marchandait comme une vulgaire monnaie plutôt que d’entretenir les traditions. La chasse restait dans nos gènes, comme respirer ou marcher. Nous avions besoin de sortir la nuit, de courir, de planter nos tranchoirs dans des cous palpitants de terreur, croyez-moi. Après avoir vécu dans un château où les humains consentaient à nous servir, un autre où des caves pleines d’esclaves s’enchaînaient sous nos crocs, et dans des égouts miteux où la population de rats rivalisait avec celle des blattes, je pouvais parler du plaisir de la chasse, du besoin de courir les plaines sous le regard bienveillant de la lune, du désir de morsure. En un sens, les Ancestraux menaçaient plus notre cause que le M15. Nous avions plus en commun, au fond, avec ces derniers, nous ne cherchions qu’à protéger les nôtres de l’extinction. Bien sûr, transformer en masse les humains était chose exclue, la population de notre bétail ne pouvait drastiquement se réduire au risque de créer des émeutes, et pas tous les humains avaient ce qu’il fallait pour dev’nir de ‘bons’ vampires. Même parmi les miens, certains avaient les dents plus longues que leurs crocs, mais l’ambition, je ne la haïssais pas. Elle était bien meilleur moteur de créativité que la peur de perdre ses acquis, l’apathie du risque. Changer le monde n’était pas donné à n’importe qui.

Alors que le naturel avait porté entre mes lèvres une Insignia fraîchement embrasée, des notes boisées vinrent agréablement cueillir mon odorat sensible, transportées par la douce bise qui s’engouffrait entre ses boucles de satin. Tout en recrachant la fumée, je posai un regard sur la main gantée de soie verte qui froissa mon bras, tendant l’oreille à sa question qui fit de même à l’étoffe du silence. Ainsi rapprochés, aux notes boisées se mêlèrent les reliquats de parfum du dernier homme à être tombé dans ses bras.

“ Craignez-vous qu’elle le soit ? “ Murmurai-je, d’un reproche à demi-mot susurré. Tenant ma clope entre mon majeur et l’index, je saisis de l’index et du pouce le bout du gant, pour lentement le faire glisser le long de la main fine de la belle. “ Mésestimez-vous donc tant vos atouts pour croire qu’en à peine une soirée, nous ayons le temps d’en faire le tour ? “ Et lui relevai le menton comme un bijou précieux posé sur un coussin de soie, me gratifiant une nouvelle fois de ce regard qui n’appartenait qu’à elle. Il y avait, au fond de ses yeux, quelque chose de Danaë, l’expérience des années sans doute, et néanmoins une lueur empreinte de malice qui ne se retrouvait plus chez ceux qui avaient oublié de rêver. Sa chevelure aux reflets cuivrés soigneusement relevée avait un soyeux irrésistible qui attirait la caresse, et ma main libre s’y plongea sans bouée de sauvetage, s’entrelaçant entre ses filins.

“ Craignez-vous l’Ennui ? “ Finis-je par souffler, comme notre proximité à présent n’exigeait plus que cela pour converser. “ Moi je crois que ne s’ennuie que celui qui laisse l’Ennui l’ennuyer, ce n’est pas l’Ennui, l’ennemi de l’immortalité, mais nous-même. Ne crois-tu pas ? “

Des mots qui en cachent d’autres, du bruit pour couvrir ce que l’on préfère taire, telle était l’essence même de notre nature, celle qui plongeait dans la confusion nos proies, et dans la déraison nos ennemis. Si proche, Abel et Rubis - les deux amants maudits - enlaçant la galante par derrière, je n’eus qu’à me pencher légèrement pour sentir ses formes épouser mon torse ferme. Sa main nue dans la mienne rejoignit la pierre de la stèle, je la fis glisser le long de l’épitaphe en même temps que mon souffle froid explorait son buste largement décolleté, mais avant de lui abandonner mes dernières défenses, je sentis un petit sursaut la surprendre. Nos quatre yeux rouges filèrent jusqu’à son pouce, à présent entaillé d’un centimètre contre une vis de fer que les années avaient dû dénuder.

“ Ah, quel maladroit… “ Avais-je lâché d’une voix neutre, le regard brillant rivé sur l’opercule rosé qui commençait à saigner. “ Les dangers du cimetière ne sont pas là où on s’attend à les trouver… “ Ajoutai-je en faisant tomber la cendre de ma cigarette au sol, avant de la recoincer innocemment entre mes lèvres, mais cette diversion m’avait permis de mettre le doigt sur ce que je cherchais.
Comme les belles roses des jardins environnants, celle-ci ne manquait pas d’épines, et il ne m’avais pas fallu plus d’une seconde pour extraire les dix-neuf centimètres de lame du fourreau de soie. “ Non, décidément pas… “ Fis-je d’un ton rieur en laissant filer la fumée vers le ciel.
Le manche tressé dans la main, je le posai alors contre la cuisse de la divine et remonta lentement la lame le long de son corps. “ Danaë a été celle qui s’est toujours tenue près de moi, les Sanguinaires lui doivent beaucoup... elle connaît la valeur d’une parole malheureuse. “ Plus voluptueux que menaçant, mon geste arrêta la pointe du superbe poignard contre le lobe de la jeune femme, dont le métal fit teinter l’or qui l’alourdissait. “ Je lui ai confié ma vie, il y a bien longtemps, comme chacun de mes enfants s’en remettent les uns aux autres. “ Le reflet du métal précieux me fit plisser les yeux un instant, et reprenant conscience de la réalité, je m’écartai de la stèle et de son occupante en jouant avec l’arme - très bel objet - entre mes doigts.

Après quelques secondes de réflexion, je levai l’arme au-dessus de ma tête et l’inclinai jusqu’à percevoir dans le miroir de la lame les beaux yeux de la divine.

“ Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle taise ses plus précieux secrets à une étrangère, fut-ce autour d’un verre. “



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Elizabeth Rosenbach

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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Lun 19 Juin - 4:08


Hazardous Liaisons

Feat Damian Black & Lizzie
Un léger frisson parcourut le corps de la femme alors que son gant quittait sa main. Sans réponse à apporter plus qu’une légère moue traversant son visage figé, Elizabeth plongea ses yeux dans le regard du Vampire.
Malgré son âge, elle se sentait comme un pauvre animal pris au piège entre les griffes d’un lion affamé. Néanmoins, le visage levé vers son interlocuteur, l’immortelle se refusa à montrer le moindre doute, le moindre signe de faiblesse. N’était-ce pas là le meilleur moyen de défense de tout animal sauvage ? Plus. Elle se refusait à ressentir quelques doutes car non, elle ne se mésestimait pas. Mais sûrement surestimez-t-elle son compagnon d’un soir dont la presse et les badauds parlaient tant…
Lorsque la main de ce dernier atteignit sa chevelure, elle ferma doucement les yeux. La main ferme et froide qui venait de plonger dans ses flammes lui semblait soudain bien douce. Vraiment. Cette femme se laissait bien trop distraire par un joli minois. Son souffle, ses mots à demi-prononcés provoquèrent d’autant plus de frissons. Contre lui, elle eut bien du mal à garder son sang-froid et sa voix calme, absorbée par la présence de l’homme qui semblait mener la danse. Et c’était bien là, son principal problème à cet instant. Elizabeth, jamais, n’avais eu à faire face à telle personnalité. Jamais n’avait-elle été menée de la sorte. Et il ne pouvait en être autrement. Se ressaisissant, elle sourit doucement à l’impudent en entourant son cou de sa propre main.

« Je crois… » Dit-elle enfin à mi mot. « Que seuls les sots s’ennuient… »

Peau contre peau, elle se laissa guider, la main le long de l’épitaphe, sans aucune résistance. Le cœur et le corps d’un homme se gagnait souvent, après tout, par une reddition, feinte ou réelle…
Une légère douleur détourna alors son attention. A son doigt perlait maintenant une larme rouge. Intuitivement, elle porta le pouce blessé à ses lèvres. Son geste, pourtant, fut arrêté alors que ses lèvres venaient de se teinter de rouge. Sa dague. Elizabeth ne bougea pas, son regard fixé sur le Sanguinaire, à l’affut du moindre geste inamical, elle tentait de revenir à la réalité pour se préparer à la moindre attaque, au moindre sursaut violent. Non armée et contre un homme dont elle ignorait tout jusqu’à l’âge, sûrement ne pourrait-elle se défendre efficacement, mais une chose été sûre ; jamais elle ne se soumettrait.
Pour autant… Les gestes ne semblaient étrangement pas menaçants malgré la voix dénuée de tout sentiment.

« Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle taise ses plus précieux secrets à une étrangère, fut-ce autour d’un verre. »

Cette phrase, il est vrai, la piqua au vif. Elle, créatrice de son infante, celle qui avait donné à Danaë toute sa splendeur actuelle, elle était désormais reléguée au rang de simple « étrangère ». Le regard sévère, la rousse épousseta sa robe en se remettant solidement sur ses deux pieds. Souriante, quoique plus menaçante, elle s’approcha, sûrement, de l’Homme, et d’un geste, presque tendre, elle entoura la taille de son compagnon. Sur la pointe de pieds, sa poitrine contre le torse ferme, sa bouche s’approcha alors de l’oreille de l’impudent.

« Et toi, connais-tu la valeur d’une parole malheureuse ? »

Etait-ce une menace sous couvert d’une voix mielleuse ? Une simple question innocente ? Un jugement de valeur suite à la réponse ? La question attendait-elle d’ailleurs simplement une réponse ? A vrai dire, même l’immortelle ne le savait pas réellement.

Un sourire malicieux toujours fixées à ses lèvres fines, Elizabeth fit glisser ses dernières vers celles de Damian, sans même les rencontrer. D’un geste gracieux, elle appuya alors sur le bras tenant la dague, sans vouloir la récupérer, c’était plus là une façon de désarmer l’assaillant. Sa main glissa alors jusqu’à la dague. Doucement, sans brusquerie.
Son souffle se heurtait aux lèvres du Sanguinaire, sans qu’elle n’ait pu avoir le geste de combler le vide entre eux. Ses yeux fixés dans l’or de l’Autre, elle se saisit alors du poignet armé, serrant doucement ce dernier, dans l’espoir de le désarmer mais surtout de le jauger. Sa résistance à une pression plus ou moins importante serait synonyme d’un âge plus ou moins avancé. A moins que ce dernier n’ait l’habitude de jouer à ce jeu, car Lizzie, si elle désirait en connaître d’avantage par des moyens détournés et peu orthodoxes, ne prendrait ni le risque ni la peine de risquer l’attaque ou une défense trop violente de la part de son nouvel ami. L’enjeu, à son sens, était bien trop important pour se le permettre. S’agissait-il encore de savoir si l’homme serait enclin à participer à ses plans.

Elizabeth se connaissait. Elle connaissait l’effet qu’elle faisait à hommes et femmes réceptifs, et cet homme semblait, en quelques instants réceptifs. Peut-être obtiendrait-elle alors ses désirs, ou, tout du moins, une quelconque accommodation avec lui.
Sans lâcher le poignet coupable, retenant l’homme par le dos, la main toujours posée sur ses reins, la rousse combla enfin le vide. Quoi de mieux pour troubler un homme qu’une femme sûre d’elle et provocante. D’elle-même, elle alla à la rencontre des lèvres de l’impertinent, scellant cette nouvelle union par un baiser des plus passionnés. Se séparant enfin, Elizabeth observa un léger rire cristallin.

« J’espère que Danae ne m’en voudra pas. »




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Damian Black

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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Mer 12 Juil - 6:49


Hazardous Liaisons


Feat. Lizzie et Damian Black


De ma plus si courte mais intense carrière de fugitif hautement fiché, rares m’avait été données les occasions de côtoyer aussi près, aussi longtemps, et seul, une congénère inconnue. Se faire reconnaître comme assassin notoire dès le premier coup d’œil tranchait rapidement dans le vif, et écourtait bien souvent les rencontres prématurément. Le monde se divisait alors entre ceux qui plaidaient ma cause et ceux qui mourraient, et il y avait les autres. Les autres comme Elizabeth Rosenbach. J’avais envie de prendre mon temps avec Elizabeth Rosenbach. L’élégance et le raffinement qui la caractérisaient n’y étaient certes pas étranger, des atouts dont les temps de guerre étaient bien trop avares, mais il y avait autre chose aussi. Quelque chose qui ne m’était pas apparu tant l’accoutumance m’y rendait insensible.
Elle ne me craignait pas.
Du moins, pas comme d’ordinaire on me craignait. Son audace et sa répartie me laissait imaginer une grande confiance en elle, ou un brin de folie, et ni l’un ni l’autre n’était pour me déplaire, et malgré la menace que laissèrent filer ses pulpeuses lèvres contre ma nuque, je ne méfiai pas. Un pas de côté fut ce que ses mots récoltèrent, tandis que je l’écoutais respirer, appréciant la fraîcheur de son souffle, la douceur de ses formes qui épousèrent sensuellement mon torse. Ma main tomba naturellement sur ses hanches dont la générosité était relevée par les ramages de sa robe, la rapprochant pendant qu’elle jouait de notre proximité. Si je ne l’avais pas vue se sortir de mon piège avec une classe exemplaire quelques minutes plus tôt, j’aurais pu croire qu’elle hésitait, et moi-même fut tenté d’avorter la magie avant qu’elle ne s’embourbe dans l’irréparable, mais Elizabeth Rosenbach semblait déjà avoir joué son tour.

Ne se sent-on jamais plus vulnérable que face au maître du jeu, possédant toutes les cartes en main, ayant prévu trois coups d’avance. Que la dame cherche à récupérer sa dague en priorité, cela m’avait paru plutôt évident. Qu’elle en vienne rapidement à user de ses charmes pour m’amadouer, une issue presque innée pour une femme de sa trempe et il aurait été mal avisé de ma part de lui faire l’insulte de le noter, mais que tout ceci fut son plan, que tout se déroule comme la belle « proie » l’avait prévu, que je ne sois qu’un pion sur son plateau de jeu, me laissait une dérangeante sensation d’excitation. Ça n’était pas seulement la ferveur du baiser, l’expertise de sa langue faite pour faire fondre des glaciers, que l’avertissement involontaire de Danaë. « Elle ne fait jamais rien au hasard, et elle obtient toujours ce qu’elle veut, » avait-elle murmuré, le coin des yeux brillant de fierté pour celle qui avait été sa bienfaitrice. Il m’avait fallu le vivre pour le comprendre.
Glissant le long de son dos, ma main remonta jusqu’à sa nuque et dévia sur sa joue pour prendre son visage en coupe. Nos lèvres se séparèrent, finement reliées d’un filet de salive scintillant. Mes yeux que je devinais rouges dardèrent les siens pour y lire l’avidité qui me plaisait tant, associée d’un brin de malice.

« Qu’est-ce qu-... »

Je ne sentis qu’une pression, mon bras pris en étau dans une main nimbée de velours parut plus lourd et le temps de baisser les yeux dessus, la chipie avait saisi mon poignet pour le tordre. Le stratagème aurait pu prendre si elle n’avait pas été juchée sur hauts talons, ou si nous ne nous étions pas embrassés, et que l’essentiel de son poids reposant contre moi pour son équilibre, je n’eus qu’à tirer légèrement vers moi sa prise, ce qui nous déséquilibra tous les deux. Nous chutâmes, elle se retrouvant sur moi, la lame précédemment dérobée maintenant restituée et… flirtant dangereusement avec la cicatrice qui dessinait ma gorge.

Quelques secondes à réaliser notre position, mon sourire fut suivi d’un rire légèrement malaisant.

« Ok ok j’accepte ma défaite. » Fis-je sans chercher à échapper au fil d’argent. « J’te le laisse, le beau rôle, j’ai eu mon lot de saloperies pour la nuit. »

La tension qui froissait l’air sembla se détendre alors qu’elle rit aussi, sans que ni elle ni moi n’eûmes pu l’affirmer. Néanmoins, une seconde je me tendis en sentant le long de ma gorge un froid que je ne connaissais que trop bien. Les yeux verts n’étaient maintenant plus que malice, comme la dame me maintenait au sol par une force bien plus que physique, ce qui ne m’aurait pas arrêté, et entre ses doigts, l’arme que j’avais dérobée s’était transformée en plume, une plume prête à délivrer son message avec plus d’efficacité que n’importe quelle langue. Excepté celle-ci peut-être.
Les émeraudes virèrent au carmin, et dans leur éclat je vis se refléter ma gorge, ornée d’un filet de mon essence. L’Impie découvrit alors son vrai visage, deux crocs naquirent sous son sourire d’où émergea la plus tendre des traîtresses. Elle se pencha, réclamant réparation pour son essence qu’une minute avant, je lui volais, et je la laissai galamment aller à son but en y prenant un plaisir certain.
Être utilisé pour les besoins d’un but plus grand avait été un quotidien, du temps où mon nom résonnait encore fièrement sous le toit des Ancestraux. L’appât n’avait rien eu à envier au goût des lèvres d’une femme expérimentée, mais la leçon avait laissé des traces invisibles en moi. Des réflexes de survie. Si Lizzie voyait en les Sanguinaires le moyen de parvenir à ses fins, avant de connaître ces dernières je pris le parti de la laisser venir à nous. Songer un seul instant pouvoir amadouer la confiance d’une infante ayant traversé les âges sans se lier à aucun clan était un défi perdu d’avance, mais j’aimais les défis, et il n’y avait aucun mal à prendre un peu de bon temps.

Bzz, bzz, bzz.

Si tant est qu’on me laisse au moins une nuit de répit.

Bzz, bzz…

« Ouais. »
Je décrochai, sans entraver la belle Elizabeth dans son entreprise. - « Yo, faut rentrer, la brigade a été aperçue à la porte ouest. On s’dirige vers la Tamise… Ah, et déso pour le cockblock. » Un mi-soupir mi-rire plus tard, le combiné se tut, et les dithyrambiques émeraudes me happèrent à nouveau, semblant drapés dans une interrogative frustration quant au clair dénouement que prenait cette nuit.
Je répondis au reproche silencieux d’un rictus indéfinissable.

« Ne me regarde pas comme ça, la brigade n’a jamais été du genre partageuse. » Et replaçant une mèche cuivrée derrière l’oreille de sa propriétaire, je me relevai, aidant d’un bras galant la belle à faire de même. D’après le message, les emmerdeurs étaient à l’ouest et… et je n’avais absolument aucune idée de là où nous nous trouvions ni de où pouvait bien se trouver l’ouest. Laissant mes sens analyser les alentours tandis que Lizzie rengainait sa dague, tout en assurant le chargeur de mon flingue, je finis par soupirer d’un ton faussement navré. « Notre rendez-vous galant touche à sa fin, quels rustres, nous commencions tout juste. » Et me retournant vers elle, mon sourire le plus charmeur aux lèvres. « A moins que tu ne sois le genre de femme à retenir un homme pour un dernier verre ? »



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MessageSujet: Re: [TERMINE] [PV] Hazardous Liaisons Lun 31 Juil - 10:28


Hazardous Liaisons

Feat Damian Black & Lizzie
Son rire cristallin s’éleva dans la nuit. Sa dague retrouvée, Elizabeth la laissait doucement se balader sur le cou nu quoiqu’abîmé de l’autre. « J’accepte donc ce rôle bien malgré moi. » Répondit-elle en souriant.
Là. Il était là. Impuissant, sous son poids, presque vulnérable, ou en tout cas, à sa seule merci. Le grand Damian Black était allongé là, une lame contre sa gorge, sans même pouvoir observer une défense convenable.
Sous elle, il lui paraissait alors être à sa merci, ses lèvres à portée des siennes et son cou… Ce cou… La lame avait été plus appuyée que ce qu’il ne lui semblait et, doucement, s’épandait sur la peau blanche de l’homme une longue trace rouge. Un doux sourire se fixa sur les lèvres de l’immortelle. Après tout, la nature était ce qu’elle était, et Elizabeth, doucement, sentit ses yeux virer à la couleur de ce qui lui avait été précédemment retiré. Si l’odeur n’était pas celle qui l’attirait chez les humains, ces petits êtres si fragiles, Lizzie ne tarda pas à embrasser tendrement la meurtrissure du prédateur. La sensation fut bien différente des autres êtres auxquels elle osait prélever leur âme. Doucement, sa main restée inoccupée trouva refuge dans la nuque du vampire, alors que ses lèvres parcouraient chaque centimètre de peau dénudé et abîmé. Se délectant de chaque baiser, il ne fallut attendre que peu de temps pour que vinrent se planter en lui les deux canines de la damnée dans un soupir de satisfaction.
Que ce sentiment d’appartenance était doux, surtout lorsqu’il s’agissait de l’Homme recherché de toutes les forces londoniennes. Lui qui pourrait lui apporter ce qu’elle désirait, lui qui menait tant de vampires en quête de pouvoir… A cet instant-là, il semblait presque qu’elle le possédât. Son parfum, l’odeur même qui émanait de son corps et de son sang provoquèrent chez la femme un léger frisson de désir.
Cette nuit était celle qui pourrait tout changer.

Pourtant, chacun sait que le monde ne tourne jamais entièrement rond, et les plans de la belle ne pouvaient se dérouler de la sorte. Un instrument vint en effet, bien trop rapidement à son goût, la déranger dans ses projets. Mais alors que Damian, en bon chef de groupe, répondait à cette torture moderne, Lizzie se détourna de son jeu pour dévisager l’homme plus froidement qu’à son tour. Chaque once de reproche était visible dans son regard. Ho bien sûr non pas que l’homme ne puisse l’intéresser, quoique ce fût un homme charmant, mais le mobile venait de mettre à mal ses plans pour la nuit.
S’aidant, plus par politesse que par nécessité, du bras de l’homme pour se remettre droite sur ses pieds, Elizabeth épousseta légèrement sa robe. Un pied sur une stèle, elle remonta jusqu’à mi-cuisse cette dernière afin d’y ranger soigneusement sa dague, sans même accorder un regard à ce qui aurait pu être son amant. Pourtant, le ton qu’il employa lui décrocha un léger sourire. Remettant son vêtement correctement, elle se redressa. « Il est vrai que leur rustrerie ne devrait rester impunie. J’espère que vous accepterez de le leur faire comprendre. » S’amusa-t-elle dans un léger rictus.

«A moins que tu ne sois le genre de femme à retenir un homme pour un dernier verre ? »

Le charme qu’affichait Black était indéniable. Et nulle femme ou homme dans ce monde n’aurait pu résister à l’envie de lui décrocher un baiser. Elizabeth n’étant pas femme à résister, elle n’hésita guère longtemps avant d’attraper le col du Sanguinaire pour le tirer à elle, l’embrassant une dernière fois de toute la langueur dont pouvait faire preuve une tentatrice, un succube.

« Je pourrais être ce genre de femme, effectivement. » Un sourire légèrement railleur aux lèvres, elle se sépara du mâle, prenant soin de lui faire sentir d’elle-même chaque courbe de son propre corps. Si les mots étaient toujours utiles, la tentation, et elle le savait, était sûrement l’un des aspects les plus agréables et les plus efficaces pour arriver à ses fins.
D’une poche cachée dans l’un des pans de sa robe, la vampire sortit un petit calepin à couverture de cuir et un magnifique stylo aux couleurs de l’essence à laquelle elle venait de goûter. Rapidement, et de sa plus belle écriture, elle griffonna le nom et l’adresse du bar, ainsi qu’un numéro de téléphone. D’un geste sec et précis, elle arracha la page et la tendit à Damian. « Je me doute que tu es déjà au courant de toutes ces informations, mais la bienséance veut que je te les offre moi-même, t’invitant, ainsi, pour un dernier verre. »

Souriante, elle s’éloigna de quelques pas. « La soirée ne peut se terminer de la sorte, n’est-ce pas ? » Encore quelques pas. « Je compte donc sur toi. » Un dernier sourire provocateur, et la douce se retourna pour de bon. Dos à l’homme elle observa un sourire bien plus qu’amusé de cette rencontre. « Je n’ai sûrement pas besoin de t’informer de mes jours de labeurs. Tes enfants te renseigneront sur cela. »

C’est dans cette dernière phrase, par un geste de la main, qu’elle partit, prenant la direction de la tombe de Louis, et disparut dans la nuit. Si ses plans avaient, maintes fois, été dérangés pendant cette journée, elle ne pouvait nier que le destin avait été bien clément avec elle pour autant.
Il n’y avait plus qu’à espérer que le charme et l’idée d’alliance pourrait germer dans l’esprit du Père des Sanguinaires, et cela, Lizzie n’en doutait presque pas…


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